Et si 1 Jour, ne durait pas 1 Jour…

Ce matin en me levant, l’une des informations qui a retenu mon attention était celle que les maîtres du temps de l »Union internationale des télécommunications (UIT) à Genève, n’ont pas réussi à se mettre d’accord et repoussent leur choix final à 2015.

Cette vénérable institution, créée en 1865 et associée aux Nations unies, fixe les règles d’attribution des fréquences radio ou des orbites des satellites. Elle s’est aussi chargée d’arbitrer une étrange valse à deux temps : décider de la durée d’un jour. Plus précisément, elle devait choisir entre deux définitions, le Temps universel (UT1) ou le Temps universel coordonné (UTC). Le premier est assez naturel, car il repose sur la course du soleil dans le ciel, c’est-à-dire sur la rotation de la Terre sur elle-même en une journée. Le temps UTC est, lui, un peu moins poétique : un jour vaut 86 400 secondes. Et une seconde est la durée de 9 192 631 770 périodes de la radiation correspondant à la transition entre les niveaux hyperfins F=3 et F=4 de l’état fondamental 6S½ de l’atome de césium 133. Voilà qui est nettement plus clair. Bref ! Là n’est pas le sujet qui m’inporte.

Pourquoi l’UIT se réunissait hier ? Pour la simple et bonne raison que notre étalon pour le temps a un problème. Si l’on prend l’UT1, qui est la durée exacte d’une journée solaire, il y a un petit problème avec nos appareils électroniques. En effet, notre bonne vieille Terre n’étant pas parfaite, elle peut, de temps en temps tourner plus ou moins vite. (Tremblement de Terre, marées, vents atmosphériques et des effets mal compris au sein du noyau terrestre). Ceci a pour fâcheuses conséquences de décaler nos pendules. Ainsi, il a été créé UTC (Temps Universel Coordonné) à qui on retranche ou ajoute 1 seconde de temps en temps pour qu’une journée solaire fasse bel et bien 24 heures. Je vous donne un exemple très simple : si nous ne faisions pas ces ajouts ou retraits de seconde à l’heure UTC, nos ordinateurs, montres, etc…, en l’an de grâce 2700, auraient un décalage de 30 minutes avec l’heure solaire. Il avait donc été décidé que régulièrement, et sous contrôle astronomique, nous rajoutassions ou retranchassions 1 seconde à UTC. Le prochain ajout étant prévu le 30 juin de cette année. D’ailleurs, quand ceci est fait (toujours à cette date ou le 31 décembre), il n’y a jamais de lancement de fusée pour éviter tout plantage.

75 % des professionnels (astronomes, ingénieurs en télécoms, géophysiciens…) ainsi que le Royaume-Uni et la Chine seraient contre le changement, selon un sondage du Service international de rotation de la Terre et des systèmes de référence qui contrôle la différence entre UT1 et UTC et qui a interrogé 438 utilisateurs de ses services à l’été 2011. Au contraire, les opposants, dont la France, les Etats-Unis et l’Allemagne, ont rétorqué que la procédure conduisait à un temps « discontinu », fâcheux pour les processeurs des ordinateurs. Lors d’une intercalation précédente en 2008-2009, des synchronisations se seraient mal passées. Ils notent aussi que les temps ont changé.

Sans UTC, nous aurions une heure qui ne tiendrait plus compte du jour et de la nuit. Et vous, pour quoi êtes-vous ?

Source : Le Monde