Montpellier : J – 23. Les Belges et les Montpelliérains

Dans maintenant 23 jours, nous arriverons à Montpellier. Mais pourquoi avoir choisi cette destination ? Une Élodie se dira que c’est pour la retrouver car son absence depuis des années est trop insupportable; un Remy voudra croire qu’on ne s’amuse pas s’il n’est pas là (j’avoue que rien que son rire permet de passer une bonne soirée et si j’en rigole c’est que le mien est pire) mais la vraie raison est toute autre.

Avant de rencontrer mon Homme, j’habitais donc sur Paris (Plus belle ville du monde) qui avait un défaut non négligeable : le prix de son immobilier. J’avais donc dans l’idée de m’expatrier de cette magnifique ville pour aller vivre dans le sud. Pourquoi là-bas ? Le soleil, la mentalité, la joie de vivre, un rapport à la nature incomparable comparé au Parc Monceau ou au Parc des Buttes Chaumont et surtout des prix de location nettement plus attractifs que ce que l’on peut avoir dans la capital. J’avais commencé à prospecter au niveau du travail mais, entre temps, un certain 14 février 2009, je rencontrais mon homme à….. Bruxelles :-(. Nettement moins Glamour !

Ce qui fut ironique c’est que finalement je partis vivre…. dans le Nord !!! Et ça c’est le vrai Nord. Pas celui que s’imagine les sudistes en l’imaginant à partir d’Avignon. Oui parce que tout ce qui se trouve au Nord de cette ville est considéré comme « Le Nord ». Certes, d’un point de vue géographique, c’est la vérité par rapport à eux, mais j’ai du mal à imaginer Lyon dans le Nord de la France… Bref, ce n’était pas exactement ce dont je rêvais.

L’amour aidant, je m’accoutumai à cette ville taciturne, de débauche, de bars et discothèques où il y a toujours une backroom, de personnes qui ne peuvent sortir qu’en étant toujours alcoolisées et droguées, carrefour de l’Europe, multiculturelle, où le il faut parler deux langues (Néerlandais et Français) et où l’on peut vivre sans gouvernement pendant 541 jours et mieux traverser une crise mondiale.

Les Belges sont drôles, accueillants, et vérifient à longueur de journée toutes les blagues dont nous français nous délectons. Ils vivent réellement dans ce climat de guerre perpétuelle entre la Flandre et la Wallonie et ces derniers ont un vocabulaire unique. Ici il drache et parfois c’est même une drache nationale; ils ont des fardes; ils font la file; ils aiment les chansons des années septante et nonante; ils ont des bourgmestres; ils nous disent à tantôt; ils confondent savoir et pouvoir; ils ont pas mal de brols; ils mangent des  mitraillettes ou des pistolets, des chicons, des couques, des scampis, des américains préparés, du pain français; leur sucre est impalpable; leurs rideaux, chaussures et autres vêtements ont des floches, d’autres ont des tirettes; ils me disent quoi;  ils vont à la toilette; ils vont à la friture ou baraque à frites; ils ont des essuies; quand ils mangent ça leur goûte; ils soupent mais pas le soir; ici ils ont des GSM; certains sont des navetteurs; ils font la vidange quasiment toute les semaines; rajoutent « une fois » dans beaucoup de phrases; prononcent le « w » dans tous les mots de la même manière que celui dans « Kiwi » et donc pour eux les trains ont des « ouagons », les BMW s’appellent des BMoué; leur capitale se prononce brusselles et non pas bruXelles; « huit » se « ouit », « lui » se dit « loui »…

Oui, comprendre le Wallon n’est pas chose facile de prime abord, mais rapidement on aime ce phrasé, ce vocabulaire, cet accent unique qui fait tout leur charme. On aimera moins le Flamand qui vous dira textuellement que « si tu ne veux pas apprendre le Néerlandais, personne ne te retient dans leur pays et que tu n’as qu’à rentrer chez toi ».

Mais au final, il faut bien avoué que ce n’était pas mon lieu de vie idéal. Et mon homme avait le même souhait que moi : partir vivre dans le sud. Ainsi, très rapidement nous décidions qu’à moyen terme, nous quitterions le Plat Pays, pour rentrer dans notre pays aux paysages uniques, splendides, aux habitants à la mentalité si différente du nord au sud. Montpellier fut choisie pour sa proximité avec la mer, la montagne, l’Espagne; pour le soleil. Elle fut choisie pour son cadre de vie agréable, à la jeunesse des ses habitants, à son dynamisme, à son immobilier abordable. Par contre, il faut bien avouer que niveau travail, ce fut plus compliqué. J’ai commencé à chercher activement un emploi à partir de septembre 2011 et j’ai eu en tout et pour tout, une seule proposition qui fut, heureusement, concluante.

Nous partirons de Bruxelles, heureux, avec de nouveaux amis, certains qui font désormais partis de notre famille (Patrick et Vincent), nous y reviendrons avec plaisir pour faire la fête de temps en temps à la Démence, voir le Premier Ministre Elio Di Rupo en boîte gay tous les dimanches soirs au You et visiter la plus belle place au monde qui n’est autre que la Grand Place, voir le Manneken-Pis, la Jeanneke pis et l’atomium tout en mangeant des Gauffres Bruxelloises, des fricadelles ou du Stoemp.

Amis Belges, encore merci pour votre accueil et sachez que vous serez les bienvenues dans notre humble demeure Montpelliéraine.

 

 

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