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Nicolas Sarkozy et l’UMP répondent à la polémique

PARIS (Reuters) – Nicolas Sarkozy dit qu’il ne s’excusera pas en réponse à la polémique suscitée par son séjour à bord d’un yacht de luxe au large de l’île de Malte.

Des personnalités de l’UMP ont pris la défense du futur chef de l’Etat, qui prendra ses fonctions le 16 mai.

« Je n’ai pas l’intention de me cacher, je n’ai pas l’intention de mentir, je n’ai pas l’intention de m’excuser. Je ne vois pas où il y a de la polémique », a déclaré Nicolas Sarkozy à des journalistes à Malte où il faisait un jogging.

Les Français « savent faire la part des choses entre la polémique politicienne, la politique et la réalité », a-t-il dit.

« Je serai président de la République dans huit jours. Il y a donc ces huit jours où, théoriquement, j’aurais dû prendre du repos pour arriver aux responsabilités suprêmes (…). Au fond, je ne vais pas prendre huit jours, je vais en prendre deux et demi. Je pense que personne ne peut le contester », a ajouté le futur chef de l’Etat, dont les propos ont été diffusés par les radios françaises.

Après les critiques de la gauche, notamment celle du premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, sur les modalités de financement de ce séjour, plusieurs personnalités de l’UMP ont pris la défense de leur président en s’en prenant à ce qu’ils estiment être des « attaques personnelles ».

« On peut quand même comprendre que Nicolas Sarkozy, après six mois de campagne hyper intense, ait pris deux jours de vacances. Il n’est pas encore en fonction. Deuxièmement, ce ne sont évidemment pas des vacances aux frais de la République », a déclaré le ministre délégué au Budget, Jean-François Copé.

« Ce sont des vacances privées. Ce genre d’attaque est assez nul. La campagne électorale est terminée. Je propose qu’on arrête les attaques personnelles », a-t-il ajouté sur France 2.

BOLLORÉ S’EXPLIQUE

L’industriel Vincent Bolloré, qui a mis son yacht « Paloma » à disposition de la famille Sarkozy, a dit au quotidien Le Monde qu’il avait prêté ses biens à la famille Sarkozy à titre privé.

« Ce n’est bien sûr ni la République, ni le groupe Bolloré, mais Vincent Bolloré à titre personnel qui a invité M. Sarkozy et sa famille », dit-il, ajoutant que c’était « une tradition dans la famille Bolloré ».

Celle-ci avait « eu l’occasion de recevoir Léon Blum plusieurs semaines dans son manoir » ou encore Mohamed V « de retour de Madagascar avant qu’il ne devienne roi du Maroc ».

Vincent Bolloré précise que son groupe ne fait pas partie des valeurs de l’indice CAC 40 et n’a « jamais eu aucune relation commerciale avec l’Etat Français ».

Vincent Bolloré contrôle, entre autres, la société Bolloré Investissements cotée en Bourse.

Nicolas Sarkozy a fait valoir que « cela fait vingt ans qu’il m’invite et vingt ans que je refuse. Vincent Bolloré est un des grands industriels français ».

« Il m’a invité sur son bateau, il aurait pu m’inviter dans une maison, je ne vois pas où est la polémique », a-t-il ajouté.

Les ministres ou anciens ministres qui ont pris sa défense ont insisté sur le repos du futur président de la République, sans se prononcer sur l’aspect luxueux de sa retraite.

« Quarante-huit heures de repos pour 1.825 jours auxquels il se consacrera aux Françaises et aux Français, du plus modeste au plus important, ma foi, comme pour tous les Français, ça me paraît bien mérité », a déclaré Christian Estrosi, ministre délégué à l’Aménagement du territoire, à la sortie du dernier conseil des ministres de la présidence de Jacques Chirac.

« Nicolas Sarkozy devait bien trois jours de bonheur exceptionnel à sa famille, trois jours seulement avant cinq ans de labeur au service exclusif des Français », a estimé Jean-Pierre Raffarin au micro de RTL.

« J’ai pu noter, pendant cette campagne, que les attaques personnelles ont montré qu’elles étaient stériles. Nicolas Sarkozy est un homme d’action, il est allé reprendre des forces, il est allé aussi reprendre cette affection familiale dont un homme public a besoin (…). Et il a eu raison », a ajouté l’ancien Premier ministre.

Pendant son séjour à Malte, Nicolas Sarkozy, dont le retour à Paris était prévu mercredi soir, a expliqué avoir travaillé « plusieurs heures chaque jour », s’entretenant au téléphone avec « une vingtaine ou une trentaine » de chefs d’Etat et de gouvernement. Il a dit avoir également eu un entretien avec le président et le Premier ministre maltais et s’est dit heureux que son séjour fasse « de la publicité » à l’île.