Articles

Lancement des grandes manoeuvres pour les présidentielles de 2017

Je voulais écrire un article hier suite aux résultats des élections européennes de dimanche dernier mais je n’avais pas eu le temps. Heureusement vous me direz-vous car le propos que j’allais tenir s’est emballé dans la soirée d’hier et sur cette matinée.

Comme tout le monde, je suis triste de voir à quel point la politique française est en totale décrépitude et permet ainsi un résultat où le Front National passe la barre des 25 % et l’abstention les 50 %. C’est une honte pour la démocratie, c’est une honte pour les français et c’est une honte pour les partis dit « républicains » d’avoir emmené leurs concitoyens à ce vote rappelant une accession au pouvoir  d’un certain Adolphe Hitler il y a de cela 80 ans. En y regardant de plus près, on pourrait observer une certaine similitude entre la crise de 1928 et ce qui s’en suivi et la crise de 2008 et ce qui s’en suit. Une monté généralisée en Europe des parties d’extrêmes, des nationalistes et des populistes. La différence entre aujourd’hui et il y a 80 ans, c’est nous savons comment cela s’est terminé et il serait bien d’en tirer quelques conséquences.

La montée du FN a cela de bien, c’est qu’elle fait réagir. Malheureusement, les fois précédentes, cela ne devait pas être suffisant car aujourd’hui nous en sommes arrivés à un point de non retour. Les partis républicains n’ont plus aucune crédibilité, entre un PS dans les abîmes au niveau confiance des français et dans l’amateurisme permanent, entre un UMP dont la respectabilité est remise en cause chaque jour, entre un centre qui n’arrive pas à imposer ses idées, un parti écologiste qui est en perpétuel conflit interne, et un front de gauche qui, à mon avis à des idées aussi détestables ou improbables que le Front national, nous sommes dans un néant politique total.

Il faut donc un électrochoc pour faire bouger les choses et le français moyen que je suis ne veut qu’une chose, c’est qu’on arrête de parler des politiciens, qu’on arrête de parler des problèmes des politiciens, qu’on arrête d’être dans le déni permanent et l’opposition systématique. Je ne veux qu’une chose, c’est qu’on parle de nous, des français, de nos problèmes, et que l’on sache reconnaitre quelles sont les idées intelligentes du parti d’en face qu’en il arrive à en proposer. J’en ai marre de cette politique à seul but électoraliste, qui oublie sa raison d’être : servir la France et les Français.

Aujourd’hui, Jean-François Copé a démissionné, contraint et forcé. La plus part des dirigeants politiques devraient en faire de même quand on voit la claque prise il y a deux jours. Enfin une action intelligente ! Je pense que ces 1061 jours qui restent jusqu’au premier tour de la présidentielle de 2017 doivent être mis à profit pour repenser notre politique et comprendre que ce mode de fonctionnement n’est plus tenable. Les français doivent redevenir au coeur des décisions, et doivent également comprendre que notre pays ne peut continuer ainsi sans passer par des réformes structurelles.

Messieurs de l’UMP, il est temps de prendre le taureau par les cornes. L’opportunité de l’affaire Copé est la meilleure situation pour reconstruire ce parti, revenir à des valeurs Gaulliennes et Républicaines, arrêter de virer à l’extrême droite et renouer avec le centre dont les idées sont nettement plus attirantes et intelligentes que celles du FN. Vous avez une chance de ne pas sombrer tel le Parti socialiste et c’est l’unique chance que vous avez.

Et si les primaires, version française, choisissaient le candidat non idéal…

Tout d’abord, je tiens à préciser que je suis à 100% pour ce système de désignation, que je trouve démocratique, républicain et qu’il devrait permettre de présenter le candidat idéal pour les partis qui l’utiliseraient. Seulement, j’ai l’impression que le seul système qui soit viable et qui permette de choisir le meilleur candidat pour un parti politique est le système de primaires ouvertes.

Pourquoi, me direz-vous, les adhérents d’un parti ne seraient pas assez « intelligents » ou « futés » pour choisir leur candidat ? Ce n’est pas moi qui le dit ou qui insinuerait ceci mais ce sont les faits qui tiennent à prouver que, lors de votes fermés aux seuls adhérents, le résultat ne permit pas ensuite d’avoir un choix convenant à tous les sympathisants. Si l’on prend le cas de 2007 avec les socialistes, je suis persuadé qu’une des raisons de leur échec fut la candidature de Ségolène Royal. Trop de personnes n’adhéraient pas au personnage et il est certain que des électeurs auront préféré un autre candidat. Je ne dis pas ça parce que personnellement c’est ce que je pensais mais je le dit parce que dans mon entourage j’entendais beaucoup de personnes de gauche hésiter à voter pour elle.

Pour 2012, le même problème se pose actuellement chez Europe Ecologie Les Verts. Les sondeurs donnaient vainqueur Nicolas Hulot, et à la surprise générale ce fut Eva Joly. Les adhérents du parti écologiste ont choisi en leur âme et conscience, mais je crois que le résultat sera catastrophique au soir du 1er tour. Quand on sait ce qu’avait fait le parti pour les élections européennes, il y a de quoi se poser sérieusement la question du pourquoi.

La réponse, pour moi, est très simple. Un vote militant est forcément biaisé sur le simple fait que, ceux-ci, connaissent plus facilement les petits secrets de chacun, que ceux-ci vont plus facilement se positionner dans leur choix en fonction de l’affectif et que leur choix, ne correspondra pas forcément à l’image que les français en ont. Ségolène Royal était très bien vue des militants et pourtant souffrait d’un déficit d’image au niveau national. C’est la même chose pour Eva Joly, qui au sein de son parti semblait mieux porter les valeurs de celui-ci, sans souffrir de l’étiquette qu’aurait pu avoir son opposant Nicolas Hulot. Seulement voilà, au final, pour ce parti, Nicolas Hulot aurait probablement fait mieux que la candidate actuelle même si, intrinsèquement, il n’est pas forcément le meilleur. Mais il faut se rappeler que l’élection présidentielle élit avant tout un « Homme » avant d’élire un programme.

Ainsi, je pense que le choix des socialistes pour cette dernière primaire, fut le bon choix. Ceux-qui ont choisi François Hollande, représentent, théoriquement mieux, la voix des sympathisants de gauche ce qui assoit sa légitimité. Il n’aura pas été choisi que pour des questions internes à son parti, mais sur une dynamique qu’il aura su créer tout au long de la précampagne des primaires.

Je suis même persuadé que, si l’UMP avait voulu réaliser une élection primaire pour cette élection, les militants auraient choisi Nicolas Sarkozy, candidat sortant, alors que les sympathisants lui auraient peut-être préféré un Alain Juppé. Ceci n’est que supposition, certes, mais aurait été envisageable.

Pour conclure, je pense que tout parti qui souhaiterait être sûr de son choix lors d’une élection primaire, devrait obligatoirement choisir l’option « ouverte » qui serait probablement plus proche de la volonté générale.

Et si la gauche perdait encore les Élections Présidentielles…

Tout le monde le sait, les élections présidentielles furent pour la Gauche française, une succession d’échecs durant la Ve République. Hormis François Mitterrand, tous les candidats, quels qu’ils soient, ont toujours chuté au pied du poste le plus prestigieux de la vie politique française. Même le favoris de 2002, Lionel Jospin, s’est lamentablement arrêté au premier tour, échec Ô combien retentissant, laissant sa place à Jean-Marie Le Pen.

Pour comprendre ces échecs, il faut revenir sur le contexte de 2002. La gauche qui était au pouvoir depuis 1997 sous l’appellation « Gauche Plurielle » avait réunis un grand front, allant de l’extrême gauche aux Verts. Malheureusement pour le Parti Socialiste, en 2002, il fut impossible de conduire une seule et même liste pour la Présidentielle. La multitude des « petits candidats » de gauches entraînera l’affaiblissement du vote pour le candidat socialiste. Il y aura en tout, 7 candidats se revendiquant à gauche. De plus, à l’époque, un des sujets de préoccupation des français était l’insécurité, qui fut très mal négocié par Lionel Jospin, avouant que le bilan de son gouvernement n’était pas bon. Celui qui avait un poste quasi-assuré à l’Élysée, rentra chez lui par la petite porte, devant même demander à ses partisans de voter pour Jacques Chirac.

En 2007, il se passa une chose que seul le Parti Socialiste est capable : sabrer soi-même son candidat qui était Ségolène Royal. Ils avaient pourtant bien commencé en proposant des primaires qui devaient consacrer le candidat idéal. Seulement voilà, La pauvre Madame Royal se retrouva esseulée dans son propre camp. Il n’en fallait pas moins à Nicolas Sarkozy pour admirer le spectacle et occuper le terrain médiatique. Les sujets centraux furent une fois de plus la délinquance et l’insécurité. Le charisme du candidat de l’UMP contre la maladresse de la candidate du PS enleva les dernières chances pour la Gauche d’être élue.

En 2012, les socialistes ont tiré les leçons de leurs échecs. Ils définirent un calendrier précis de leur campagne en commençant dès avril 2011 à l’élaboration de leur programme. En octobre 2011, la primaire citoyenne propulsa François Hollande comme le candidat d’un parti uni. Ensuite, c’est là où les vieux démons ont commencé à revenir. Les hésitations fréquentes du PS à propos de leur projet et les contradictions entre le candidat, le projet et ses lieutenants ont contribué à discrédité une partie du message. Exemples : la retraite à 60 ans, la création de nouveaux postes dans l’éducation nationale, la sortie ou non du nucléaire, etc. On se rend compte que la communication n’est pas parfaite et les différences de point de vue ne sont toujours pas réglées en interne. C’est exactement la même chose lors de la polémique sur l’accord avec Europe Écologie les Verts. Deux sons de cloches sont ressortis : l’un venant de François Hollande et l’autre venant du parti. On commence même à voir ces dernières semaines, des rappels à l’ordre de Martine Aubry auprès des brebis galeuses. Ensuite, la présence médiatique très importante durant la période de campagne des primaires aura tranché avec l’absence de cette fin 2011. Il aura fallu attendre la fin de janvier 2012 pour revoir le candidat Hollande. De plus, il n’aura échappé à personne que son contrôle sur son image aura totalement changé depuis qu’il fut investi comme candidat. Pendant les primaires, il était accessible aux médias, ce qu’il n’est plus actuellement. C’est dommage quand on se veut près des gens et du peuple. Au niveau de l’image donné, je ne suis pas sûr que cela le serve. Enfin, et c’est là où je pense que le plus gros problème est, c’est au niveau du débat politique. Aujourd’hui, il se réduit à répondre aux provocations que se font les partis les uns aux autres. La seule différence qu’il y a, c’est que tout ce qui se passe aujourd’hui, servira au futur candidat de droite, Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, il n’entre dans aucune et pourra les réutiliser à bon escient le moment adéquat. Là où le PS devrait être intelligent et ne pas répondre, il monte au créneau, créant de fait, des arguments pour la suite. Là où le PS devrait ne rester que sur ses thèmes de campagnes, il ne reste que dans les polémiques, s’enlevant de fait du temps de parole pour prouver que son projet pourrait être le meilleur.

Ce qu’oublie la gauche, c’est le talent de Monsieur Sarkozy pour une campagne électorale. Ce que ne voit pas arriver la gauche, c’est le Tsunami qui se prépare à tout dévaster dès l’entrée en campagne du Président actuel. Il faut bien avouer que ce dernier avait bluffé tout le monde en 2007 et qu’il avait réalisé un parcours sans faute. Ce que ne voit pas la gauche c’est le retour de ce Sarkozy avec la multitude de propositions qui sortent chaque semaine. Ce que ne voit pas la gauche c’est que l’UMP détourne l’attention des socialistes avec des petites phrases pour laisser le champ d’honneur au Président et à ses propositions.

Quand la gauche se réveillera, il sera trop tard. Et tout ce qui sera perdu, sera difficile à reprendre. Il n’en demeure pas moins que les sondages donnent un net avantage à François Hollande. L’histoire nous aura prouvé que ceux-ci ne sont jamais fiables.

Et si le Parti Socialiste commençait à revenir sur ses promesses.

Extrait du Projet Socialiste

 

 

 

 

 

 

 

 

Le candidat François Hollande, à peine investit, revient déjà sur l’une des propositions phare du projet socialiste de mai 2011. En effet, comme on peut le lire dans l’extrait présenté, l’âge légal de la retraite devait revenir à 60 ans. Le candidat socialiste avait même déclaré, le 8 septembre 2010 au journal de 20h de TF1, « le droit de pouvoir partir à 60 ans ».

Ou alors il y a cette vidéo où il annonce clairement que l’âge légal de la retraite peut très bien revenir à 60 ans pour tout le monde. Ceux qui n’auront pas cotisé assez auront un dégrèvement. Vidéo du 03 Octobre 2011.

Et puis il y  a celle-ci, où comme par hasard, cela a changé. Maintenant, seulement ceux qui auront cotisé toutes les anuités, pourront prendre leur retraite. Les autres devront attendre. Vidéo du 14 Décembre.

Partisans Socialistes, je vous conseille de bien suivre la campagne, pour ne pas avoir de mauvaise nouvelle le soir de l’élection et des fausses promesses. Cela a déjà commencé.

(Si les vidéos ne s’affichent pas actualisez la page)

Et si les Présidentielles de 2012 avaient déjà des candidats officiels ou officieux. (MAJ)

Le problème dans ces périodes pré-électorales, est qu’il est difficile de savoir réellement qui fait quoi, qui ne fait plus, qui ne sait pas encore, bref, d’avoir une idée de ce que seront les bulletins le jour J. Parce qu’entre les primaires Socialistes, les primaires Écologistes, ceux qui ont dit qu’ils y seraient pour se retirer ensuite et ceux dont on attend encore le choix final, il y a eu du monde. Je vais d’ailleurs énumérer toutes les personnes qui ont de près ou de loin émis l’hypothèse de se présenter.

Nous avons eu :  ( Liste en fonction de ma mémoire et de mes recherches qui peut donc être faillible. )

  • Carl Lang – Union de la Droite Nationale
  • Marine Le Pen  – Front National
  • Nicolas Dupont-Aignan – Debout la République
  • Frédéric Nihous – CPNT
  • Christine Boutin – Chrétien Démocrate
  • Nicolas Sarkozy – UMP
  • Dominique de Villepin – République Solidaire (MAJ)
  • Hervé Morin – Nouveau Centre
  • Jean-Louis Borlo – Parti Radical
  • François Bayrou – MoDem
  • Corinne Lepage – CAP21
  • Eva Joly – EELV
  • Nicolas Hulot – EELV
  • Henri Stoll – EELV
  • Stéphane Lhomme – EELV
  • Jean-Michel Baylet – Parti Radical de Gauche
  • Martine Aubry – PS
  • François Hollande – PS
  • Arnaud Montebourg – PS
  • Ségolène Royal – PS
  • Manuel Valls – PS
  • Dominique Strauss-Kahn – PS
  • Jean-Pierre Chevènement – MRC
  • Jean-Luc Mélenchon – Front de Gauche
  • Philippe Poutou – NPA
  • Nathalie Arthaud – Lutte Ouvrière
Légende des couleurs :
  • Bleu : Toujours candidat
  • Gris : N’est plus candidat
  • Rouge : Candidature non officielle

On se dirige encore une fois vers une élection  où il y a pléthore de postulants. Aux jeux des divisions et des rassemblements il est très difficile de dire à qui cela va profiter même s’il semble évident que la droite de l’UMP risque de perdre beaucoup avec le FN et la gauche du PS, au contraire, semble plus sereine malgré une candidature Hollande plus recentrée. Les électeurs de ce parti vont-ils avoir peur de cette orientation et préférer un parti plus à gauche ? ou bien vont-ils pour les plus centristes se diriger vers un MoDem ?

Je ne suis pas devin et les mois qui viennent vont être décisifs. Quoi qu’il en soit, je suis tout de même plus optimiste pour mon candidat, qui semblait tout bonnement incapable de remporter cette présidentielle il y a encore quelques mois, et qui, au fil des derniers sondages, remonte lentement.

Et si les Primaires Socialistes discréditaient le Projet Socialiste pour 2012…

Projet Socialiste 2012Nous ne sommes plus qu’à quelques jours du second tour des Primaires Socialistes qui verra s’affronter Martine Aubry et François Hollande. Lors du débat télévisé diffusé hier par France 2 et qui a vu près de 6 millions de téléspectateurs regarder l’affrontement, on ne peut pas dire que les deux candidats en lice soient d’avis communs sur beaucoup de sujets, bien au contraire. Cela pose donc une question importante sur l’organisation de ces primaires et sur la chronologie choisie par le Parti Socialiste.

En effet, au mois d’avril 2011, le PS annonçait en grande pompe son projet, que vous pouvez consulter ici. En soi c’est très bien et même plutôt une bonne chose, car cela laisse le temps à tout à chacun de le consulter et de se forger sa propre opinion. Ensuite, il y a eu cette volonté également très bonne de laisser aux sympathisants, le choix du représentant de ce programme pour les élections de 2012. Choix démocratique et dont je pense que chaque parti devrait s’inspirer. Les guerres de successions et autres n’auraient plus le droit de citer et chaque camp aurait le meilleur représentant de ses idées.

Le problème vient que, pour le PS, il est clair qu’entre le projet officiel et les opinions de chaque candidat il y un monde d’écart. Vous n’allez pas me faire croire que dans le même projet, il y a la démondialisation de d’Arnaud Montebourg et le libéralisme de Manuel Valls. Vous n’allez pas me faire croire qu’il y a l’objectif d’un déficit nul pour 2017  proposé par François Hollande et le « Si c’est possible » de Martine Aubry. A cela on rajoute le radical Jean-Michel Baylet et le tour est joué. Bref, il y a un paradoxe total dans la chronologie des choses. Comment peut-on avoir un débat d’idées des six, puis des deux candidats sur quelque chose qui est normalement établit depuis plusieurs mois ? Quel est l’intérêt hormis de décrédibiliser le PS lui-même ? On ne pas, à mon sens, faire les choses dans ce sens-là. On choisit d’abord le candidat sur ses idées et ensuite on construit un programme autour de celles-ci. Pas l’inverse. Comment un Montebourg qui est à l’extrême gauche du parti et un Manuel Valls à l’extrême droite peuvent-il porter un même projet ?

Pour une fois, que le parti socialiste a apporté une très bonne chose dans la politique française, il est bien dommage qu’il n’ait pas réfléchi jusqu’au bout du processus, et de la suite logique des choses. C’est du pain béni pour la droite qui n’aura juste qu’à utiliser les incohérences entre le discours du gagnant de ce dimanche et le projet officiel.

Et si Dominique Strauss-Kahn était devenu Président de la République Française en 2012…

Dominique Strauss-KahnIl convient d’imaginer que les dernières histoires en date comme la chambre 2806 du Sofitel de New-York au mois de mai 2011 ainsi que l’affaire de Tristane Banon de l’année 2003 n’ont pas eu lieu ou que le retentissement médiatico-judiciaire n’a pas été de cette ampleur. Ainsi, Dominique Strauss-Kahn aurait pu se présenter aux Primaires Socialistes, les remporter et ensuite être le candidat officiel du PS et probablement gagner les Elections Présidentielles de 2012.

C’est là où la vraie fiction débute puisque le reste se serait probablement passé. Il aurait donc été investi au Palais de l’Elysée sous les ors de la République et tout l’apparat qui va avec. Son bureau du premier étage aurait vu passer tous les puissants du globe, son don innée pour la finance lui aurait permis de résoudre certains problèmes structurels de la France, voir même de l’Europe et il aurait été plébiscité lors des sondages d’opinions pendant son quinquennat. Une Présidence parfaite.

Parfaite ? Dans un sens uniquement. Celui visible par l’opinion publique. Parce que dans celui vu par les huissiers du Palais de l’Elysée, il aurait été tout autre. On leur aurait demandé un secret total sur tout ce qui aurait pu se passer dans les appartements adjacents. Il en aurait été de même pour les conseillers et autres suiveurs de la première personne de l’Etat lors de voyages internationaux, ou même nationaux. Ce n’est pas parce que son voisin de l’autre côté des Alpes fait la même chose et l’assume totalement, que DSK prendrait le risque de l’assumer aux yeux de tous. Silvio Berlusconi est finit politiquement et c’est pour cela qu’aujourd’hui il s’en fou. Monsieur Strauss-Kahn, lui commencerait à peine dans son rôle de Président et ne pourrait pas prendre le risque que ce soit diffusé dans les médias. La règle du « Off » serait donc d’or parmi tous les journalistes accrédités et ces agissements seraient passés sous silence comme cela fut toujours le cas depuis des années.

Evidemment, tous ses amis politiques tels que des Martine Aubry, François Hollande, Lionel Jospin, Bertrand Delanoé et consorts continueraient à feindre l’ignorance. Parce qu’il ne faut pas croire qu’au mois de mai 2011 lors de l’arrestation de DSK, qu’ils furent surpris de quoi que ce soit. Même ce dernier avait avoué quelques semaines auparavant qu’une de ses plus grandes craintes serait de tomber dans un guet-apens.

Tout le monde cacherait donc cette obsession de DSK qu’il a pour les femmes et le sexe. Sa position de chef d’Etat ferait qu’une omerta s’imposerait à tous les témoins jusqu’au jour du dérapage. Celui-ci se passerait soit dans un pays anglo-saxon à la pudeur exagérée et au procès pour harcèlement si commun, ou bien dans un pays musulman où une femme importante aurait été la cible. L’incident diplomatique serait donc inévitable et c’est là que tout deviendrait incontrôlable.

Son immunité diplomatique obligerait l’Etat où l’incident s’est passé à laisser partit DSK pour la France. Des tensions entre cet Etat et la France seraient telles que les discussions seraient au mieux rompues et au pire des menaces militaires pourraient être lancées. Notre dissuasion nucléaire ferait le reste mais le mal serait fait et la France serait discréditée à travers le monde. Si cela se passait dans un pays arabe, les intégristes islamiques profiteraient de la situation et menaceraient la France ou passeraient à l’acte en faisant des attentats et si cela se passait dans un autre pays, il est clair que ses alliés diminueraient fortement leurs relations diplomatiques avec nous. En résumé, nous serions totalement exclus au niveau mondial et Européen.

Sur le plan intérieur, il y aurait trois solutions :

  • soit Dominique Strauss-Kahn démissionnerait, reconnaissant ses fautes et serait donc extradable par le prochain gouvernement. Ce dernier se trouverait alors dans un choix cornélien, « tuer » politiquement et humainement DSK et l’envoyer en prison à l’étranger ou refuser, et se mettre toute l’opinion publique à dos et dons se discréditer.
  • soit il démissionnerait, contraint et forcé par l’opposition et l’opinion publique qui, dans le doute n’aurait plus de confiance en lui. Là, il serait totalement fini à tous les niveaux, puisqu’innocent selon lui et coupable selon le reste du monde. Le gouvernement suivant serait dans la même position que dans le cas suivant, mais aurait moins d’hésitation à l’extrader malgré son immunité. Seules les lois diplomatiques seraient alors applicables et il serait probablement relaxé.
  • soit, enfin, il resterait au pouvoir, niant tout en bloc jusqu’à la fin. Il ne serait donc pas réélu en 2017, à moins d’avoir été destitué avant, serait mort politiquement, aurait été condamné par contumace, malgré son immunité et mettrait la France en position délicate à propos de l’extradition d’un homme condamné alors qu’il n’était pas condamnable. Le Parti Socialiste, aurait pendant ce temps implosé et le parti des Nouveaux Socialistes aurait été créé pour se détacher totalement de cette tache éternelle.

Au final, la France aurait perdu beaucoup, beaucoup plus qu’elle n’aurait pu gagner grâce au génie intellectuel de Dominique Strauss-Kahn. Il aurait fallu des années pour effacer l’affront fait à ce pays et au reste du monde. Au niveau intérieur, cela aurait été différent. Les histoires de coucherie sont monnaie courante en France depuis le temps des Rois de France. Et puis chez les Socialistes, c’est également une habitude avec François Mitterrand, à droite, Jacques Chirac ne s’est jamais caché à regarder outrageusement les belles femmes et on ne saura jamais s’il a déjà fauté. Bref, la page sera tournée rapidement et DSK sera oublié aussi rapidement qu’il avait été encensé.

Pour conclure, il vaut peut-être mieux que tout se soit passé comme ça. Nous avons peut être ainsi évité le meilleur, mais surtout le pire.

Et si je vous parlais des Primaires Socialistes de 2011 et d’Arnaud Montebourg

Arnaud Montebourg

Arnaud Montebourg

Je vais tenter, par cet article, de faire le tour du programme d’Arnaud Montebourd, candidat aux Primaires Socialistes, en vu de l’élection présidentielle de 2012. Pour être le plus objectif possible, je vais me baser sur son site de campagne qui s’intitule : « Des idées et des rêves« . Son projet de campagne se base sur 100 propositions qui s’articulent autour de 12 thèmes qui sont  :

  1. Capitalisme coopératif et mutualiste
  2. Mutation écologique
  3. Des radars et des gendarmes sur les routes de la finance
  4. Renouveau Productif
  5. Le mur de la dette et le piège comptable de la peur
  6. Libre échange et démondialisation
  7. La chute du rêve européen
  8. Des guerres pour rien
  9. En marche vers la VIe république
  10. International
  11. Education
  12. Santé

J’avoue que l’intitulé de certains thèmes me font sourire. Mais soit, ce qui compte, ce n’est pas le titre, mais ce qui se cache derrière. Je vais donc creuser un peu chaque thème et voir les propositions et les orientations.

– Capitalisme coopératif et mutualiste :

Arnaud Montebourg par déjà du constat que le productivisme dans les usines et les entreprises conduit à une situation « cruelle » pour les personnes qui sont aujourd’hui otages du système. Pour enrayer cette « spirale infernale » il propose la création d’un fond souverain coopératif pour prendre des participations dans les entreprises afin de piloter la mutation vers une organisation coopérative. Il faudrait également faciliter le crédit pour soutenir ce système coopératif. Il réserverait des marchés publics pour ces entreprises. Il reprendrait les sociétés prêtent à délocaliser ou en faillite par le système coopératif. Il inciterait des personnes sans emplois à se lancer dans leur projet en mutualisant les moyens par une coopérative qui regrouperait différents projets.

J’ai du mal à imaginer ce système à grande échelle. Pour des petites sociétés cela pourrait avoir un intérêt mais pour les moyennes et grandes entreprises cela engendrerait plus des blocages dans les prises de décision. Cela risquerait même de ralentir l’expansion de certaines. De plus, en voulant réserver des marchés publics pour ces sociétés, cela fausserait le principe même des appels d’offre et pourrait provoquer un certain favoritisme et une envolée des coûts de ces projets.

– Mutation écologique :

Suite à sa rencontre avec Al Gore, Arnaud Montebourg a pris conscience qu’il n’était plus possible de penser l’économie sans l’écologie. Il propose tout d’abord de créer de nouveaux indicateurs qui prendrait en compte le bien-être des sociétés en intégrant l’atteinte aux ressources naturelles. Ainsi, une de ses premières mesure serait de dégager plusieurs dizaines de milliard d’euros en obligations pour un investissement exclusif dans les technologies de l’environnement qui deviendraient un moteur à l’économie. Il diminuerait les taxes, TVA et coûts fiscaux pour ces entreprises écologiquement innovantes. A l’inverse il créerait une « Taxe carbone Rose-Verte ». Il entend par là qu’elle devrait sociale et écologique. Dans cette continuité, il souhaiterait une union européenne pour les énergies renouvelables qui permettrait une indépendance énergétique. Il lancerait un grand plan national pour rénover les bâtiments de manière écologique avec des déductions fiscales. Il fixerait un tarif unique pour les consommations élémentaires de l’eau et de l’électricité, et par la suite, pour les consommations excessives les coûts seraient majorés. Il encouragerait la production individuelle d’énergie. Il favoriserait les filières courtes pour l’acheminement de l’alimentation. Il taxerait les entreprises pour payer le coût de « déconstruction » de machines, d’électroménagers. Il créerait un « label vert » pour éduquer le consommateur. Enfin, il construirait une fiscalité dans l’idée : « Pollueur – Payeur ».

Sur le principe de base je suis entièrement d’accord que la France doive s’engager d’avantage dans la voie de l’écologie, cependant je ne vois pas grand chose, dans ces propositions, de nouveau. Hormis l’union européenne des énergies renouvelable et l’idée de Taxe carbone « Rose-Verte », le reste a déjà été étudié, voir même est en cours de développement comme les nouveaux indicateurs pour remplacer le PIB par exemple. Deuxièmement, hormis parler de taxes, qui alourdiraient encore le poids de l’impôts sur les citoyens et les entreprises, il n’y a pas grand chose d’autre.

– Des radars et des gendarmes sur les routes de finances :

Aujourd’hui, Arnaud Montebourg critique le système qui prône « l’égalité devant la loi le jour et qui privilégie les puissants en tous genres en fermant les yeux sur les paradis fiscaux la nuit ». Il commencerait par séparer les banques au détails et les banques d’affaires pour « épargner les petits épargnants ». Il imposerait aux banques un minimum de fonds propres pour leur permettre de supporter plus facilement les crises. Il créerait également un fond commun entre toutes les banques, géré par l’état, pour permettre le renflouement éventuel d’une banque mal-en-point. Les traders pourraient avoir des malus sur leur prime annuel en cas de baisse de leurs investissements. Il augmenterait le coût de la prise de risque spéculative. Il veut la fin des paradis fiscaux en établissant des embargos financiers. Il souhaite mettre en place des mécanismes de surveillances des banques par le biais des conseils d’administrations. Il souhaite encadrer la « titrisation » des crédits et interdire tout ou parti des ventes à découvert. Pour éviter la concurrence inutile entre les différentes places boursières européennes, leur fusion serait nécessaire. Il taxerait également les transactions financières de manière modulée. Il créerait au niveau européen une autorité des marchés. Il imposerait que toutes les transactions financières apparaissent dans le bilan des entreprises. Il pénaliserait l’évasion fiscale. Enfin, il réformerait les agences de notation en créant des agences publiques mais avec des fonds privés.

Certaines des propositions me paraissent cohérentes comme imposer un niveau de fond propre aux banques ou créer un fond de sauvegarde de ces banques. Par contre, j’aimerais plus de détails sur les malus pour les traders. A savoir le fonctionnement. Devront-ils rembourser ? Dans ce cas, pas grand monde ne voudrait plus prendre ces risques. D’autres propositions semblent infaisables comme une bourse unique européenne. Enfin, en ce qui concerne la fin des paradis fiscaux, ceci est déjà en route. Certes peut-être pas assez rapidement mais des progrès ont déjà été fait.

– Renouveau Productif :

Le constat est simple pour Arnaud Montebourg :  « celui qui ne produit pas est toujours dans la main de celui qui produit. […] Si les Français veulent financer un bon niveau de retraite, de santé, d’éducation, de services publics, il faut d’abord reconstruire un socle industriel puissant ». Et cela passe par la fin des stock-options et actions gratuites comme moyen de rémunération qui est, selon lui, « une grave infraction contre le renouveau productif ». Ces rémunérations devront être basées sur les progrès réels de l’entreprise. Il faudrait ensuite, un contrôle de l’état sur les OPA dites hostiles. Dans le même esprit, il voudrait surtaxer le système des fusions-acquisitions pour éviter  les rachats sans projet industriel ; créer la possibilité des actions de groupe (class-action américaine) ; créer des fonds d’investissements garantis par l’Etat ainsi que de nouveaux livrets d’épargne populaire et industriel pour  financer l’investissement dans l’industrie innovante ; proposer une politique de crédit pour réduire la dépendance des entreprises à l’égard des marchés financiers ; réorienter le crédit d’impôt recherche vers les petites et moyennes entreprises ; constituer des équipes mixtes publiques-privées de recherche ; limiter la fuite de nos jeunes chercheurs par des rémunérations compétitives et attribuer de forts moyens financiers à la recherche. Il souhaiterait Instaurer un impôt juste et légitime sur les successions les plus élevées pour combattre la rente et la reproduction des inégalités. Il voudrait également faciliter le dépôt de brevets en baissant les coûts.  Les salariés devraient siéger dans les conseils d’administration des sociétés cotées en bourse, à hauteur d’un tiers et devraient avoir leur salaire indexé sur les gains de productivité tout en rendant impossible le licenciement économique si des dividendes étaient versés. Enfin, il voudrait réformer et moraliser les tribunaux de commerce.

J’ai nettement plus de mal avec la majorité des propositions ci-dessus. Entre le fait de prendre le risque de faire partir tous les grands patrons à l’étranger à cause de la rémunération, le protectionnisme sur nos entreprises, les surtaxes sur les rachats d’entreprises qui vont entraîner de nombreuses faillites car personne ne voudra sauver une entreprise en difficulté, le risque énorme que prendrait l’état à garantir des fonds d’investissement, le risque que les grandes fortunes fuient à l’étranger pour ne pas payer des frais de succession, cela me parait faire beaucoup de risque…

– Le mur de la dette et le piège comptable de la peur :

« Les politiques d’austérité appliquées à l’heure actuelle ne sont d’aucun secours. A-t-on déjà soigné un seul malade par une saignée ? ». Il voudrait déjà résoudre le problème de la dette en la remboursant en 3 ans par la création d’un impôt provisoire qui mettrait à contribution toutes les strates de la société en finissant par le revenu du travail. Il voudrait jouer sur l’inflation pour alléger le poids de la dette et permettre à la BCE de la racheter (celle créer par la crise financière). Il propose également que la Banque Centrale Européenne puisse financer à faible taux les Etats, et de compenser le déséquilibre des paiements par une Banque Européenne des Règlements. Il souhaite également développer une fiscalité européenne sur les bénéfices des sociétés pour éviter cette course au  » moins-disant fiscal » et mettre en place un gouvernement économique européen et enfin investir conjointement dans l’économie de l’avenir.

Comme précédemment, j’ai également du mal avec certaines propositions. Certaines ne sont pas nouvelles et sont même entrain d’être mises en place actuellement, d’autres, comme le fait de taxer de nouveau me pose problème. Je suis d’accord que la dette est un problème et qu’il faille la résorber le plus rapidement possible mais je pense que réduire les dépense est une meilleure solution. Imposer un peu plus les sociétés ou les ménages ne favorisera pas la reprise et donc le cercle vertueux du pouvoir d’achat ne renaîtra pas.

– Libre échange et Démondialisation :

« Le bilan de la dernière décennie de mondialisation est un désastre pour ceux qui n’ont d’autre ressource que leur travail : délocalisations en série, destructions d’emplois (2 millions en 30 ans dans l’industrie) et d’outils de travail, pression sur les salaires. Tout s’est déroulé comme s’il s’agissait d’une vaste mise aux enchères à la baisse du travail et de son prix. » Ainsi, pour lutter contre ceci, Arnaud Montebourg propose de doter l’union européenne d’une diplomatie écologique et sociale « afin de garantir que la compétition ne se fasse pas au détriment du travail et de l’environnement ». Il souhaite également que l’on invoque les règles sanitaires, sociales et environnementale pour encadrer le commerce mondiale et ainsi interdire ou taxer les produits provenant de pays violant le protocole de Kyoto. Il propose également la création d’une agence française sanitaire, sociale et environnementale chargée de calculer le coût écologique et social des biens produits hors d’Europe ; la création d’une taxe carbone extérieure aux frontières de l’Union Européenne qui servirait à financer le fond d’adaptation prévu par le protocole de Kyoto ainsi qu’une taxe carbone intérieure à l’UE par équité. Il propose également un système de préférence commerciale par des traités bilatéraux au bénéfice des pays s’adaptant au mieux et au plus vite aux normes sociales et écologiques internationales ; une taxe sur le transport maritime qui ciblerait notamment le transport maritime sous pavillon de complaisance, afin d’améliorer le bilan carbone ; d’adopter une loi nationale en France, applicable aux entreprises transnationales disposant d’unités de production dans les pays à bas salaires, les tenant pour responsables des dommages environnementaux et sociaux imputables à leurs filiales et à leurs sous-traitants ; obliger toute entreprise cotée en bourse à publier un rapport annuel sur l’impact social et environnemental de leurs activités ;  lutter contre la corruption et augmenter les risques de sanction sur les Etats et entreprises non-coopératifs et enfin doter la France de procédure anti-dumping.

« Libre échange » ? J’ai du mal à voir où se situe le libre échange ici. C’est plutôt un protectionnisme en règle. Entre les nouvelles taxes, les préférences commerciales, les lois anti-dumping et toutes les nouvelles règles qui régiraient les entreprises françaises, soit on se couperait totalement du monde avec des prix qui grimperaient dû à la production exclusivement locale pour certains produits car les concurrents étrangers ne voudraient pas payer ces taxes, soit des prix en hausse car nous n’aurions pas la technologie pour fabriquer sur place et donc les produits seraient soumis aux taxes au frontières. Ainsi les produits à haute valeur ajouté (informatique, multimédia, électroménager, hifi et vidéo) subiraient cette hausse. Je pense que ces mesures, pour la plus part, provoqueront exactement l’inverse de ce qui est souhaité.

– La chute du rêve européen :

Pas de préambule sur cette catégorie. Ainsi seules des propositions sont faites comme doter l’Union Européenne d’un instrument communautaire  de surveillance de certains investissements sensibles (Energie, Télécommunication, …), ou encore politiser le droit européen de la concurrence pour constituer des champions industriels (en excluant l’éducation, l’énergie, la santé et les transports en réseaux). Il propose également une convergence sociale et fiscale au niveau Européen (Salaire minimum dans chaque Etat) ainsi que la création d’un véritable budget communautaire et la reforme des institutions européennes pour y inclure davantage de responsabilité politique devant les peuples. Il veut également passer un accord stratégique avec l’Allemagne sur les 20 secteurs industriels où nous avons un intérêt commun. Enfin, il veut créer des labels Européens pour permettre aux consommateurs d’accéder à l’information du contenu social et environnemental des produits qui leurs sont proposés.

Je ne comprends pas trop le titre de ce thème par rapport aux propositions qui sont faites. En effet, je trouve au contraire que cela va dans le sens du rêve Européen. Les idées sont plutôt intéressantes dans l’ensemble même si parfois elles seront difficiles à mettre en place.

– Des guerres pour rien :

« En faisant de l’immigration et de l’intégration le problème principal de nos sociétés occidentales, les droites ont trouvé une arme de destruction et de distraction massives. » Les propositions d’Arnaud Montebourg sont, par exemple, de rendre le pouvoir aux élus locaux pour l’attribution des logements sociaux et fixer des impératifs de mixité d’origine et de conditions sociales. Il veut briser le conformisme des règles d’urbanisme afin d’imaginer la ville du futur et également créer un ministère d’état chargé de coordonner et répartir les services sur le territoire. Il souhaite valoriser la diversité en développant l’enseignement de l’arabe et des langues étrangère de l’immigration ainsi que la possibilité de vote pour les élections locales aux populations étrangères installées depuis longtemps. Il veut autoriser les statistiques de toutes les diversités encadrées strictement et exclusivement réservées à la recherche et sciences sociales. Il veut également former les Imams pour constituer un Islam de France et aider au financement du culte Musulman dans le cadre de la loi de 1905. Il faudrait rendre solennel l’accueil et le contrat d’intégration pour préciser les droits et devoirs des migrants et de l’état. Il veut régulariser les personnes actuellement présentes sans droit séjour sur le territoire national en contrepartie de conditions individualisées d’intégration (Logement, regroupement familial, respect des lois, apprentissage de la langue) ainsi que de donner la possibilités aux employeurs de régularisés les employés sans papier. Il veut également donner la possibilité de faire appel à des travailleurs immigrés en fonction de nos besoins non-pourvus. Dans la continuité, il souhaite créer des visas permanents entre les pays d’origine de ces travailleurs migrants et enfin délivrer des permis de travail provisoire aux migrants, leur permettant d’être employés dans la légalité.

Oyez, Oyez, gentils migrants, venez faire un tour en France. Les portes vont s’ouvrir de nouveau. La régularisation revient. En même temps, on indique que l’on veut une immigration choisie, comme le souhaite l’UMP de Nicolas Sarkozy. Un brin paradoxal l’histoire. On veut que l’état forme des Imams et participe au financement des lieux de culte… Ce qui me semble contraire à la loi de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. En résumé, un programme classique socialiste.

– En marche vers la VIe république :

Ici, sur sont site de campagne, il n’aborde qu’une partie de ces propositions et indique que le reste se trouve dans son livre. Sur le web , il indique 4 propositions qui sont : rendre l’information publique accessible à tous hormis pour les sujets stratégiques (Justice, Militaire, Diplomatie, …) ; engager une politique de sécurité publique en associant tous les acteurs (Forces de l’ordre, population, élus locaux et l’ensemble des acteurs des services publics) ; soumettre à référendum dans les 6 mois suivant l’élection présidentielle de 2012, la naissance de la VIe République ; engager de nouvelles relations avec les citoyens (Référendum d’initiative populaire, statut des médias).

Une VIe république, je suis d’accord, mais pour de bonnes raisons. Là on ne parle pas du tout de l’organisation des pouvoirs, ce qui me semble être la chose primordial. 

– International :

Aucune proposition ici d’Arnaud Montebourg, si ce n’est un point de vue de sa part sur la politique actuelle du gouvernement français. Je cite des passages : « […] l’aspiration démocratique des peuples – dans le monde arabe comme ailleurs – est le meilleur garde-fou contre les extrêmismes. La France doit donc réinventer sa diplomatie et l’orienter vers un soutien actif et concret à l’effort démocratique. […] Cessons d’avoir les valeurs de nos intérêts. Nous devons au contraire avoir les intérêts de nos valeurs. […] La France peut prendre l’initiative d’un nouveau regard géopolitique et fonder des partenariats sur d’autres bases, selon une autre logique que la realpolitik sans âme et l’angélisme sans esprit.

La diplomatie n’est pas chose aisée et s’il est vrai que des choix ne semblent pas toujours évident à faire, il faut prendre en compte que nous n’avons pas en nos mains toutes les données. Je pense que sur ce domaine, tout un chacun pourrait avoir de bonnes idées, mais qui ne seraient pas forcément réalisable en connaissance de tous les éléments que peuvent avoir un chef d’Etat.

– Education :

Le chapitre est vide, sans aucun constat.

Cela doit sûrement vouloir dire que tout va bien dans le meilleur des mondes et que la force de demain, de notre pays, sera formé avec notre éducation actuelle qui semble donc parfaite…

– Santé :

Le chapitre est également vide, sans aucun constat.

Idem, cela veut également dire que tout va bien, que le secteur de la santé à l’argent nécessaire, qu’il n’y a aucun souci depuis la mise en place des 35 heures, Bref, une situation idyllique. 

Conclusion :

Arnaud Montebourg nous propose quelques idées intéressantes (Ecologie ou certaines au niveau finance) mais malheureusement retombe très vite dans la doctrine socialiste : Taxes, Impôts, Régularisation. Il est de plus très dommage de ne pas avoir d’idée sur l’éducation ou la santé qui touchent de manière quotidienne les Français. C’est également le cas pour le chômage qui n’est pas abordé même s’il est vrai que certaines propositions doivent avoir pour but d’agir sur celui-ci. Enfin, il y a beaucoup de propositions qui sont déjà à l’étude par le gouvernement actuel ou qui ne sont pas de Monsieur Montebourg. Les reprendre, c’est bien, mais il faudra simplement préciser qui en est à l’origine.

Espérons que les autres candidats s’en sortiront mieux.

Surprise !!!

D’après les chiffres que j’ai pu entendre ici où là, il y aurait eu, hier, un agent de la fonction publique sur 3 en grève. J’aurais pensé que la mobilisation aurait été plus importante en ces temps de climat social houleux.

Différents mots d’ordre pour cette mobilisation : le nombre de suppressions de postes dans l’éducation nationale, la même chose chez les fonctionnaires et surtout la baisse du pouvoir d’achat.

Pour une fois, je comprends ce mécontentement même si je ne le soutiens pas. Il est clair que cela peut faire peur de devoir faire le même travail avec moins de moyens humains. De plus, la baisse du pouvoir d’achat est unanimement admise par toute la population française, et ce depuis 7 ans comme l’ont dit plusieurs fonctionnaires lors de différentes interviews.

Mais qu’a-t-il pu bien donc se produire il y a 7 ans pour que l’argent des Français semble disparaitre chaque jour un peu plus vite ?

Deux raisons : l’une reconnue par tout le monde et l’autre uniquement par la droite.

La première est le passage à l’euro le 1er janvier 2002 qui a eu pour effet que les prix ont, comme par enchantement, eu la fâcheuse manie d’être arrondi par le haut. Avec tous les intermédiaires, au final l’augmentation était en moyenne entre 3 à 5 % pour les produits en 1 an.

Mais la vraie raison insidieuse a été le passage aux 35 H. Aujourd’hui, même une partie du PS admet que les conséquences économiques ont été désastreuses. Les purs et durs diront que la productivité française est l’une des meilleures au monde, mais les autres regarderont en profondeur et sur les années qui ont suivi pour se rendre compte que les salaires ont jamais si peu augmenté. Il fallait bien répercuter de manière discrète le surcout de 35 h payées 39 h. D’un coup, le surcoût fut de 10.27 % pour chaque entreprise française. Malgré les aides diverses et variées et ont compensées ce coût supplémentaire, cela n’a pas suffi. D’autant plus que les aides fiscales étaient ponctuelles. Il fallait donc, pour chaque entreprise impacter ce surcout, soit sur le prix de vente, soit sur la stagnation des salaires. Les deux cumulés ont fait que les tarifs se sont envolés et les salaires n’ont pas suivis.

Aujourd’hui, tous les économistes s’accordent à dire que la première raison de baisse du pouvoir d’achat n’est pas la hausse des prix, mais la « non-hausse » des salaires.

Il faut donc s’attaquer au problème de ce côté-là. Il y a encore une différence entre le privé et la fonction publique à ce niveau. C’est que la fonction publique a une hausse minimale globale alors que dans le privé c’est au cas par cas. Ainsi, dans le privé, si votre travail n’est pas satisfaisant, dans le meilleur des cas, ou si le délit de sale gueule s’applique, vous pouvez rester 20 ans sans la moindre augmentation, hormis si vous êtes au SMIC. Dans toutes les boites où j’ai bossé, le problème de l’augmentation du SMIC créait un problème. Tous les employés qui avaient ce salaire rattrapaient inexorablement les salaires supérieurs qui n’étaient pas augmentés. Ainsi, les marges entre simple employé et agent de maitrise ou cadre devenaient quasiment inexistantes. Je me rappelle qu’au moment où je suis parti de chez Célio, un vendeur gagnait 30 € de moins qu’un assistant alors que 5 avant il y avait 90 €.

Ainsi, les idées proposées aujourd’hui pour que les salaires augmentent, et je parle de tous les salaires, c’est d’enlever aux entreprises les exonérations de charges qu’elles pourraient avoir, si elles n’augmentent pas leurs salariés. Dans le secteur public, la question ne se pose pas puisque c’est le gouvernement qui décide de l’augmentation minimale. Après je ne sais pas comment fonctionne le reste, à savoir si chaque personne peut avoir une augmentation qui lui est propre ou si c’est uniquement le système global qui s’applique. Mais dans tous les cas, c’est le gouvernement qui donnera l’impulsion de base.

En conclusion, oui je comprends que les employés de la fonction publique ont pu faire grève même si je ne suis pas d’accord avec tous les motifs. Le seul moyen aujourd’hui de faire augmenter de manière conséquente le pouvoir d’achat est de trouver un système pour pallier au gel des salaires depuis les 35h. Enfin, il peut y avoir également une baisse des prix si les distributeurs pouvaient enfin négocier leurs prix. Il faut savoir qu’une étude entre la France et l’Allemagne fut réalisée pour comparer les prix. 60 % des produits français sont plus chers qu’outre-Rhin. Et l’étude a démontré que ces tarifs prohibitifs étaient en majorité dus à cette impossibilité de négociation. Il y a donc bien des leviers à actionner pour faire bouger les choses. Et pour une fois, ce n’est pas le citoyen qui sera mis au milieu.

Ma première fois

C’est donc la première fois où j’étais assesseur suppléant dans un bureau de vote. J’étais dans l’école Alphonse Daudet, bureau n°14 de la 11ème circonscription de Paris.

A mon arrivée à 12h, le titulaire que je devais remplacer de l’UMP était bien là, ainsi que la suppléante du MoDem et la Présidente suppléante du PS. La tache, en elle-même est relativement simple : l’assesseur est chargé de vérifier la bonne régularité des votes pour le candidat qu’il représente. Tout litige devant être inscrit dans le procès verbal et si aucune décision ne peut être prise sur le moment, c’est le juge administratif d’astreinte qui tranchera sur le champs. Le titulaire, quant à lui a les mêmes tâches que le suppléant sauf qu’avant l’ouverture du bureau il vérifie que l’urne est bien vide, la ferme et garde un jeu de clés, vérifie que les cahiers d’émargements sont vides de toute signature et que tout est conforme. Le soir, il vérifie avec le président que l’urne n’a pas été ouverte, que le nombre de votants corresponds bien au nombre de d’enveloppes, etc…

En ce qui me concerne, je prenais les cartes d’électeurs et les pièces d’identités et vérifiais que la personne était bien sur les listes électorales et les faisais émargées après leur vote. J’avais donc tout loisir d’admirer tout ce qui passait. LOL

Et bien rien de bien intéressant à se mettre sous la dent. Il y avait pourtant deux bureaux de vote joints et donc deux fois plus de personnes et franchement, sur le millier qui sont passés, juste une à deux personnes étaient potables !!! Quelle tristesse !!! Moi qui pensais repartir avec au moins une dizaine de numéros !!! LOL Je rigole.

Je suis reparti à 18h30, satisfait d’avoir participé à manière à cette élection et d’avoir fait un « devoir » citoyen. J’attends désormais les résultats.

PS : J’ai tout de même vu, par ordre d’arrivée : Nicole GUEDJ candidate UMP, Yves COCHET candidat PS – Les Verts et Marielle de DE SARNEZ candidate UDF – MoDem.