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Et si les élections de cette année signaient la mort de la Ve République…

En lisant cet article : « 2012 : et si la gauche jouait la cohabitation avec Sarkozy ? » de Rue89, il m’est apparu que ce scénario était tout à fait plausible. Nicolas Sarkozy pourrait être réélu comme Président de la République, mais perdre les élections législatives qui suivent et ainsi avoir une cohabitation tout à fait originale. L’idée de dissolution lui traverserait l’esprit, au risque de subir un nouveau camouflet encore plus ravageur, et probablement signer la fin  de son ambition présidentielle pour la mandature de 2022.

Ainsi, il serait obligé de nommé un premier ministre Socialiste, Martine Aubry selon toute vraisemblance vu la défaite de François Hollande quelques semaines au paravant, et d’accpeter quelques mois ce gouvernement bien encombrant.

Ensuite, s’il voulait dissoudre l’assemblée, il prendrait le risque que les Français confortent leur premier vote et se retrouverait contraint de l’accepter, tout en restant spectateur. Sa carrière politique en serait marquée à vie. Le seul cas où cela pourrait passer, c’est un problème de conflit entre syndicats et gouvernements, ou une aggravation du climat économique. Le risque inhérent étant trop important et surtout imprévisible, jamais il ne pourrait envisager cette opportunité.

Alors, pour se sortir de cette situation, qui en soi, ne plaira guère au gouvernement en place, il proposera de changer les institutions et de créer une VIe République. En ce qui le concerne, il n’y verra que des avantages :

  • Au niveau historique, il laisserait à jamais son nom comme l’instigateur et le créateur de cette nouvelle organisation française, comme ce fut le cas pour le Général de Gaule.
  • Au niveau politique, il  ne perdrait pas totalement la face et pourrait avoir une légitimité au niveau national.
  • Au niveau institutionnel, il serait obligé de concevoir cette nouvelle République en partenariat avec la gauche qui ne pourrait lui reprocher toute manœuvre électoraliste, ou favorisant son camp.
  • Enfin, la mise en place de cette nouvelle constitution serait un bon moyen de mettre un terme avant l’heure à cette cohabitation gênante.

 

Et si les Primaires Socialistes discréditaient le Projet Socialiste pour 2012…

Projet Socialiste 2012Nous ne sommes plus qu’à quelques jours du second tour des Primaires Socialistes qui verra s’affronter Martine Aubry et François Hollande. Lors du débat télévisé diffusé hier par France 2 et qui a vu près de 6 millions de téléspectateurs regarder l’affrontement, on ne peut pas dire que les deux candidats en lice soient d’avis communs sur beaucoup de sujets, bien au contraire. Cela pose donc une question importante sur l’organisation de ces primaires et sur la chronologie choisie par le Parti Socialiste.

En effet, au mois d’avril 2011, le PS annonçait en grande pompe son projet, que vous pouvez consulter ici. En soi c’est très bien et même plutôt une bonne chose, car cela laisse le temps à tout à chacun de le consulter et de se forger sa propre opinion. Ensuite, il y a eu cette volonté également très bonne de laisser aux sympathisants, le choix du représentant de ce programme pour les élections de 2012. Choix démocratique et dont je pense que chaque parti devrait s’inspirer. Les guerres de successions et autres n’auraient plus le droit de citer et chaque camp aurait le meilleur représentant de ses idées.

Le problème vient que, pour le PS, il est clair qu’entre le projet officiel et les opinions de chaque candidat il y un monde d’écart. Vous n’allez pas me faire croire que dans le même projet, il y a la démondialisation de d’Arnaud Montebourg et le libéralisme de Manuel Valls. Vous n’allez pas me faire croire qu’il y a l’objectif d’un déficit nul pour 2017  proposé par François Hollande et le « Si c’est possible » de Martine Aubry. A cela on rajoute le radical Jean-Michel Baylet et le tour est joué. Bref, il y a un paradoxe total dans la chronologie des choses. Comment peut-on avoir un débat d’idées des six, puis des deux candidats sur quelque chose qui est normalement établit depuis plusieurs mois ? Quel est l’intérêt hormis de décrédibiliser le PS lui-même ? On ne pas, à mon sens, faire les choses dans ce sens-là. On choisit d’abord le candidat sur ses idées et ensuite on construit un programme autour de celles-ci. Pas l’inverse. Comment un Montebourg qui est à l’extrême gauche du parti et un Manuel Valls à l’extrême droite peuvent-il porter un même projet ?

Pour une fois, que le parti socialiste a apporté une très bonne chose dans la politique française, il est bien dommage qu’il n’ait pas réfléchi jusqu’au bout du processus, et de la suite logique des choses. C’est du pain béni pour la droite qui n’aura juste qu’à utiliser les incohérences entre le discours du gagnant de ce dimanche et le projet officiel.

Et si Dominique Strauss-Kahn était devenu Président de la République Française en 2012…

Dominique Strauss-KahnIl convient d’imaginer que les dernières histoires en date comme la chambre 2806 du Sofitel de New-York au mois de mai 2011 ainsi que l’affaire de Tristane Banon de l’année 2003 n’ont pas eu lieu ou que le retentissement médiatico-judiciaire n’a pas été de cette ampleur. Ainsi, Dominique Strauss-Kahn aurait pu se présenter aux Primaires Socialistes, les remporter et ensuite être le candidat officiel du PS et probablement gagner les Elections Présidentielles de 2012.

C’est là où la vraie fiction débute puisque le reste se serait probablement passé. Il aurait donc été investi au Palais de l’Elysée sous les ors de la République et tout l’apparat qui va avec. Son bureau du premier étage aurait vu passer tous les puissants du globe, son don innée pour la finance lui aurait permis de résoudre certains problèmes structurels de la France, voir même de l’Europe et il aurait été plébiscité lors des sondages d’opinions pendant son quinquennat. Une Présidence parfaite.

Parfaite ? Dans un sens uniquement. Celui visible par l’opinion publique. Parce que dans celui vu par les huissiers du Palais de l’Elysée, il aurait été tout autre. On leur aurait demandé un secret total sur tout ce qui aurait pu se passer dans les appartements adjacents. Il en aurait été de même pour les conseillers et autres suiveurs de la première personne de l’Etat lors de voyages internationaux, ou même nationaux. Ce n’est pas parce que son voisin de l’autre côté des Alpes fait la même chose et l’assume totalement, que DSK prendrait le risque de l’assumer aux yeux de tous. Silvio Berlusconi est finit politiquement et c’est pour cela qu’aujourd’hui il s’en fou. Monsieur Strauss-Kahn, lui commencerait à peine dans son rôle de Président et ne pourrait pas prendre le risque que ce soit diffusé dans les médias. La règle du « Off » serait donc d’or parmi tous les journalistes accrédités et ces agissements seraient passés sous silence comme cela fut toujours le cas depuis des années.

Evidemment, tous ses amis politiques tels que des Martine Aubry, François Hollande, Lionel Jospin, Bertrand Delanoé et consorts continueraient à feindre l’ignorance. Parce qu’il ne faut pas croire qu’au mois de mai 2011 lors de l’arrestation de DSK, qu’ils furent surpris de quoi que ce soit. Même ce dernier avait avoué quelques semaines auparavant qu’une de ses plus grandes craintes serait de tomber dans un guet-apens.

Tout le monde cacherait donc cette obsession de DSK qu’il a pour les femmes et le sexe. Sa position de chef d’Etat ferait qu’une omerta s’imposerait à tous les témoins jusqu’au jour du dérapage. Celui-ci se passerait soit dans un pays anglo-saxon à la pudeur exagérée et au procès pour harcèlement si commun, ou bien dans un pays musulman où une femme importante aurait été la cible. L’incident diplomatique serait donc inévitable et c’est là que tout deviendrait incontrôlable.

Son immunité diplomatique obligerait l’Etat où l’incident s’est passé à laisser partit DSK pour la France. Des tensions entre cet Etat et la France seraient telles que les discussions seraient au mieux rompues et au pire des menaces militaires pourraient être lancées. Notre dissuasion nucléaire ferait le reste mais le mal serait fait et la France serait discréditée à travers le monde. Si cela se passait dans un pays arabe, les intégristes islamiques profiteraient de la situation et menaceraient la France ou passeraient à l’acte en faisant des attentats et si cela se passait dans un autre pays, il est clair que ses alliés diminueraient fortement leurs relations diplomatiques avec nous. En résumé, nous serions totalement exclus au niveau mondial et Européen.

Sur le plan intérieur, il y aurait trois solutions :

  • soit Dominique Strauss-Kahn démissionnerait, reconnaissant ses fautes et serait donc extradable par le prochain gouvernement. Ce dernier se trouverait alors dans un choix cornélien, « tuer » politiquement et humainement DSK et l’envoyer en prison à l’étranger ou refuser, et se mettre toute l’opinion publique à dos et dons se discréditer.
  • soit il démissionnerait, contraint et forcé par l’opposition et l’opinion publique qui, dans le doute n’aurait plus de confiance en lui. Là, il serait totalement fini à tous les niveaux, puisqu’innocent selon lui et coupable selon le reste du monde. Le gouvernement suivant serait dans la même position que dans le cas suivant, mais aurait moins d’hésitation à l’extrader malgré son immunité. Seules les lois diplomatiques seraient alors applicables et il serait probablement relaxé.
  • soit, enfin, il resterait au pouvoir, niant tout en bloc jusqu’à la fin. Il ne serait donc pas réélu en 2017, à moins d’avoir été destitué avant, serait mort politiquement, aurait été condamné par contumace, malgré son immunité et mettrait la France en position délicate à propos de l’extradition d’un homme condamné alors qu’il n’était pas condamnable. Le Parti Socialiste, aurait pendant ce temps implosé et le parti des Nouveaux Socialistes aurait été créé pour se détacher totalement de cette tache éternelle.

Au final, la France aurait perdu beaucoup, beaucoup plus qu’elle n’aurait pu gagner grâce au génie intellectuel de Dominique Strauss-Kahn. Il aurait fallu des années pour effacer l’affront fait à ce pays et au reste du monde. Au niveau intérieur, cela aurait été différent. Les histoires de coucherie sont monnaie courante en France depuis le temps des Rois de France. Et puis chez les Socialistes, c’est également une habitude avec François Mitterrand, à droite, Jacques Chirac ne s’est jamais caché à regarder outrageusement les belles femmes et on ne saura jamais s’il a déjà fauté. Bref, la page sera tournée rapidement et DSK sera oublié aussi rapidement qu’il avait été encensé.

Pour conclure, il vaut peut-être mieux que tout se soit passé comme ça. Nous avons peut être ainsi évité le meilleur, mais surtout le pire.