Articles

Un week-end de Pâque pas comme les autres.

Pâques - Photo de FamilleIl y a de cela 6 ans, quasi jour pour jour, j’écrivais ce billet : « Rien ne va plus ». Je désespérais de voir sombrer ma maman dans une situation insoutenable pour quiconque tenant à elle. Les années passèrent, et mes frères continuèrent sur la même voie que moi, ne voulant qu’une seule chose, faire que ma mère pût vivre dans une maison saine et agréable.

Il y a de cela quelques semaines, un repas de famille fut décidé pour le week-end de Pâque. Celui-ci devait se dérouler dans un restaurant près d’Issoudun, ville où je suis né et où vit toujours ma maman. Ce fut elle qui nous informa, mes frères et moi. Nous quatre étions disponibles pour nous retrouver avec une quarantaine d’autres personnes.

Mais voilà, un de mes frères habite près d’Orléans, et moi à Barcelone. Nous devions donc trouver un toit pour pouvoir dormir au minimum une nuit. Il semblait logique que la maison de notre enfance fût ce lieu, mais cela impliquait un travail de fond. Notre mère devrait impérativement faire un grand ménage, jeter, récurer pour pouvoir nous recevoir accompagné de nos moitiés. Mon frère avait été plus que clair : la maison devait être parfaite. Sa copine devait découvrir ce lieu de son enfance et il voulait qu’elle comprenne pourquoi il tenait tant à cette maison. Voyant cela, je m’engouffrais dans l’opportunité pour en ajouter une autre couche.

Notre maman n’avait plus le choix : elle devait faire un effort pour recevoir ses enfants.

Nos attentes furent récompensées d’une manière inattendue. Notre maison avait retrouvé une partie de ses couleurs d’antan. Certes, il restait beaucoup à faire, mais notre maman avait accompli plus que nous n’aurions pu espérer, contrastant en tout point avec les fois précédentes qui furent un échec.

Ce qui prouva que le déclic était bien là fut sa volonté d’organiser un autre repas dans notre maison, avec toute la fratrie, leur moitié et leurs enfants, ainsi qu’une amie de la famille pour le dimanche soir. Ceci n’était plus arrivé depuis plus dix ans. Cette maison revivait enfin, notre maman était heureuse de nous recevoir, et son souhait de faire durer cet instant était la preuve qu’il nous fallait pour y croire.

Nous, les 4 frères, profitâmes de cet instant pour décider que ce moment ne devait pas s’arrêter là. Le rendez-vous fut pris pour cet été, durant une semaine entière, pour remettre sur pied cette maison, ce terrain, et surtout nous retrouver comme au bon vieux temps.

Nous sommes une famille, nous sommes des frères, nous n’avons qu’une mère et nous en sommes fiers !

Rien ne va plus.

Vendredi soir je suis parti en week-end chez ma mère en province. J’allais à la base là-bas parce qu’un repas de famille avait lieu le dimanche. Si mon arrivée était si tôt c’est simplement parce qu’une surprise était prévue pour ma mère. Sa sœur, qui habite en Espagne, devait venir également avec son mari.

Le but de sa visite était de venir refaire la chambre de ma mère car celle-ci est d’origine et date de 30 ans. L’usure naturelle avait déjà fait un bon travail mais il est vrai que ma mère, depuis les départs de mon grand frère puis de moi ensuite il y a 11 ans maintenant, n’ont rien arrangé car elle s’est malheureusement laissée déborder. Elle ne jetait rien ce qui fait que tout s’est accumulé depuis toutes ces années et en plus de cela elle a recueilli il y a 4 ans environs, des chats abandonnés et ceux-ci ont bien évidemment fait des petits. A une époque elle en avait plus de 20 et je peux vous assurer que dans une maison cela fait du dégât. Bref, l’objet de visite de ma tante et moi était donc de faire le tri dans ses affaires et jeter tout ce qui ne servait à rien (les publicités et les journaux qu’on reçoit chaque jour).

Le vendredi soir, ma mère savait que j’arrivais mais ne savais rien pour sa sœur. Je lui avais juste dit qu’une surprise devait arriver. Elle était à cent mille lieux de se douter de cela. Quand ma tante est arrivée elle a été ravie de la voir. Nous lui avons alors expliqué quel était l’objet de notre visite. Mais là elle a commencé à être moyennement d’accord car, et c’est là le problème, même si tous ces journaux ne servent à rien, elle y tient !!! C’est la même chose pour la publicité et pour pleins d’autres choses. On lui explique que si on le fait c’est pour elle et qu’aujourd’hui elle ne peut plus vivre comme cela car sa maison se transforme petit à petit en taudis et qu’il faut agir tant qu’il en est encore temps.

Ma mère savait depuis 3 ans que si je n’allais plus la voir dans cette maison c’était pour l’unique raison de tout ce qui est dit plus haut. Entre les chats qui cassent tout, qui salissent tout et qui pissent partout et en ajoutant le fait que mère garde tout et forcément il faut bien stocker et donc cela est fait dans la salle à manger, le salon, la cuisine et même à une époque dans ma chambre, pour moi c’était trop. D’ailleurs elle-même n’invitait plus personnes chez elle et quand par hasard quelqu’un venait elle ne le laissait pas rentrer. Elle est consciente de la situation et s’est donc laissée convaincre.

Le soir avant de me coucher je lui ai dit que j’allais trier et jeter toutes ses pubs et journaux plus vieux que 2007. J’ai déjà dû batailler rien que pour cela car elle disait qu’il y avait des choses qu’elle voulait garder la dedans. Je lui ai dit que toutes les promotions annoncées dans ces superbes pubs étaient déjà finie depuis longtemps et que les informations qui étaient dans les journaux étaient déjà dépassées. Elle accepte quand même de me laisser jeter ceci. Je précise que parmi tout ceci sont mélangés tous ses papiers importants comme les impôts, les bulletins de paie, les factures, etc…

Le lendemain matin ma mère part donc travailler et moi je commence dès 9h30 à trier. Je vais en remplir une remorque entière, rien que de publicité et journaux dont certains remontent même à 1996. Tout ceci réparti entre sa chambre, le salon, la salle à manger et la cuisine. On emmène tout cela à la déchèterie et on passe récupérer ma mère à son travail. Et là, quand elle est arrivée, ce fut un tel déchirement pour elle de voir qu’on avait pu toucher à l’un de ses biens les plus précieux qu’elle fondit en larmes. Impossible de la raisonner et de lui faire comprendre que ce n’était que du papier. Pour elle on n’aurait pas du toucher à cela et on aurait du la laisser faire le trie elle-même. Là je lui ai répondu que pour trier une pile elle aurait mis 3 jours car quand par à hasard elle se décide à trier, elle s’assoie et feuillette les pubs et les journaux un par un pour lire ce qui est à l’intérieur. Elle a toujours fait ça et donc là, ça aurait été la même chose. Ma tante essaie de lui faire comprendre la même chose mais elle ne veut rien savoir. Le ton commence à monter et je lui clairement que si elle veut recevoir sa famille dans sa maison, il va bien falloir nettoyer cette porcherie et que si elle ne veut pas la nettoyer dans ce cas là sa famille ne viendra pas, et moi non plus. Et là elle me répond : « et bien tu n’as qu’à partir ». Je me suis alors exécuté et j’ai pris le prochain train pour la capitale. Pendant que j’étais dans celui-ci, elle m’a rappelé et je pensais qu’elle allait me dire qu’elle regrettait. Et bien non, et elle en rajoute une couche en me disant que de toute façon si je faisais cela ce n’était pas pour elle mais uniquement pour la maison !!! J’ai préféré ne rien dire et raccrocher.

Je l’ai rappelé hier soir et nous avons parlé pendant 2h30. Je lui ai dit qu’effectivement j’aurais du attendre qu’elle soit revenu du travail pour faire le tri mais que de toute façon ce qui avait été jeté le devait et qu’au moins là c’était fait. Elle m’a dit que pleins d’affaires lui manquait alors que nous n’avons jeté que des papiers.

Tout cela pour dire qu’en voulant aider quelqu’un qui traverse des moments difficiles et bien on vous met dehors. Hier, vu que j’étais sur Paris, j’ai parlé de ceci à des amis dont une qui est psychologue et qui pense, selon ce que je lui ai raconté, que ma mère pourrait être atteinte de TOC. En effet, ce que j’ai jeté, qui, pour n’importe qui est futile, a pour elle une importance qu’on ne peut expliquer. Selon le psy, je lui aurais arraché une partie d’elle même en jetant ces papiers. Le seul moyen qu’il y aurait pour qu’elle se guérisse c’est de voir un psychiatre. D’ailleurs, ma mère elle-même, nous a dit que son généraliste lui conseillait d’en voir un depuis 3 ans. Donc cela se rejoint.

Dilemme

Depuis déjà quelques temps je me pose la question à savoir qui sont mes lecteurs. En effet, il est toujours intéressant de voir quelle cible est touchée par mon blog qui relate une partie de ma vie quotidienne. J’ai relu une bonne partie des commentaires pour en venir à la conclusion que la majorité est homosexuelle. En relisant ces commentaires, je me suis aperçu que quelqu’un de nouveau était apparu ces derniers temps et que sa façon d’écrire m’était familière. Je sais depuis peu que certaines personnes de ma famille ont connaissance de ce blog et viennent le lire. Je soupçonnais ces lecteurs depuis quelques semaines déjà et je pense même que ma mère en fait partie. Ainsi, je ne sais plus sous quelle vision je pourrais continuer ce blog. Dois-je continuer dans le même style ? Sachant que je pense n’avoir aucune retenue actuellement. Ou alors m’autocensurer parce que je saurais pertinemment qui me lit ? L’autre solution serait d’arrêter purement et simplement.