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Je suis d’accord avec Jean-Luc Mélenchon !!!

Mélenchon Pujadas France 2Allo ! Atypik ? T’es sûr que ça va ? Encore ton double maléfique qui fait des siennes ?

Euh… Non, c’est bien moi, le seul et unique Atypik qui a écrit ce titre.

Je m’explique. Hier, monsieur Mélenchon était l’invité du 20 heures de France 2. Il était bien évidemment question de l’affaire Jérôme Cahuzac, et de la volonté de François Hollande de légiférer sur la « moralisation de la politique française ». Pour lui, il s’agit tout bonnement d’un « attrape-nigaud » vu qu’il sera impossible de vérifier. Et j’en conviens, pour le moment il a raison, vu que c’est exactement ce qui s’est passé.

Mais où je le rejoins encore plus, c’est sa volonté de créer en France la possibilité que le peuple puisse demander un référendum révocatoire à l’encontre de n’importe quel élu…

« si le peuple, les citoyens, pouvaient intervenir, ça changerait tout. (…) S’ils avaient la possibilité de demander un référendum révocatoire pour le maire, le conseiller général, le président de la République, comme ça se fait dans une série d’États des États-Unis, au Venezuela, en Équateur… Ça oui, c’est du pouvoir. Le reste, c’est des mots ».

Et enfin, troisième point, et je suis encore une fois d’accord avec lui, les médias devraient être plus transparent quant à leurs soutiens ou mécènes. Pourquoi tout le monde était-il au courant pour DSK et que personne n’en parlait ? Pourquoi fut-ce la même chose pour Jérôme Cahuzac où tous savaient pour son cabinet de chirurgie et l’argent non déclaré ? Pourquoi seul Mediapart eut-il les couilles de révéler ce que beaucoup de journalistes savaient ? L’ancien candidat du Front de gauche à l’Élysée a également estimé que certains journalistes devraient publier eux aussi leur patrimoine – les patrons de chaînes, les chefs de service :

« de manière (à ce) qu’il n’y ait pas de doutes sur le fait qu’éventuellement, il y ait des pressions sur eux, parce que je ne m’explique pas pourquoi il n’y a que Mediapart qui est capable de mener des enquêtes jusqu’au bout dans ce pays ».

Monsieur Mélenchon aura d’ailleurs essayé à plusieurs reprises de faire parler David Pujadas quant à son patrimoine, mais ce dernier aura toujours donné une fin de non-recevoir, ou esquivé les questions.

Pour quoi votons-nous ?

En lisant cet article de Zep, j’ai clairement vu une chose à propos de la vision française de l’élection présidentielle. Nous ne votons pas pour un programme, nous ne votons pas pour défendre nos convictions, nous votons pour un homme ou contre un autre.

Je m’explique. En 2007, Nicolas Sarkozy avait su rassembler autour de lui une majorité de Français, en proposant un programme de droite. Aujourd’hui, son programme reste à peu près le même et pourtant, il ne galvanise plus les foules comme d’antan. Il est donc clair que ce n’est pas ce qu’il propose qui fera qu’on votera pour lui, mais pour ce qu’il est ou ce qu’il représente. Et si l’on continue dans ce sens, son adversaire du second tour, Ségolène Royal, avait le problème inverse, souffrant d’un déficit d’image de la part d’une frange de l’électorat de gauche, qui aura préféré le candidat d’en face. Je suis même persuadé qu’un Dominique Strauss-Kahn ou Laurent Fabius auraient amené un résultat beaucoup plus serré voir inverse.

Il était arrivé la même chose à Lionel Jospin en 2002, provoquant l’éparpillement des votes à gauche et créant une situation inédite sous la Ve République : le choix entre deux candidats du même bord politique.

Cette année, si Nicolas Sarkozy est si bas dans les sondages c’est à cause de son image qu’il aura créé pendant ces cinq dernières années. Et pourtant, personnellement, je pense que durant la crise il aura su gérer aussi bien qu’il aura pu. Malheureusement pour lui, sa façon d’être et ses quelques erreurs au début de son mandant auront fait qu’il aura perdu sa crédibilité face à beaucoup de Français, qui ne pourront désormais plus jamais voter pour lui. Il se serait retiré de la course à l’Élysée en laissant sa place à Alain Juppé, et la droite aurait eu beaucoup plus de chances de victoires qu’à l’heure actuelle.

Cette élection présidentielle se transforme donc en un référendum pro ou anti-Sarkozy, et laisse la vraie question de fond de côté : « quelle politique souhaitons-nous pour la France ces cinq prochaines années ? » La réponse apportée reste dans ce cadre-là en proposant comme réponse : « Est-ce que François Hollande peut être un bon Président de la République en tant qu’homme ». Nous oublions encore une fois son programme. Et c’est pour cela qu’aujourd’hui, Jean-Luc Melenchon monte dans les intentions de vote. De plus en plus de Français ouvrent les yeux et se disent que l’homme ne pourrait être à la hauteur de la tache et se rabattent sur le candidat du Front de Gauche. Ils veulent un homme qui pourrait défendre leurs intérêts, en oubliant qu’une partie du programme risquerait de provoquer plus de dommages que de bien. Mais ce n’est pas grave, Monsieur Mélenchon est un battant, comme Monsieur Sarkozy en 2007, et sera à même de mener des combats.

C’est pour cela que j’en reviens à ma proposition d’il y a quelques semaines : un vote unique pour élire nos députés, et donc une politique, qui eux, ensuite, choisiraient notre Président ou Présidente. Oublier l’homme ou la femme qui se présentent, permettrait ainsi un vrai débat d’idées.