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Le pire et le meilleur…

J’attends, j’attends, mais malheureusement je ne vois rien de bon à l’horizon. Après presque dix mois, les mauvaises nouvelles se succèdent, les couacs s’enchaînent, et les résultats tant attendus ne viennent pas. Pis, c’est tout ce qu’il reniait qu’il admet enfin, à petits mots. Mieux vaut tard que jamais, me direz-vous. Certes ! Il avait déjà commencé à admettre une réalité bien différente de ce qu’il assénait durant des mois, à partir du mois de juin, puis à la fin de l’été. Mais depuis cette semaine, il est enfin devenu honnête, reconnaissant que la France ne pourrait pas atteindre son objectif de croissance pour 2013, reconnaissant que la France ne pourrait pas atteindre son objectif des 3 % de déficit pour 2013.

La mort du Franc.

Ce vendredi 17 février 2012 avait lieue la fin officiel de la circulation du Franc Français. 10 ans, jour pour jour, après la fin du cours légal, il n’est plus possible de changer n’importe quel billet auprès de la Banque de France. Pour cette occasion, la très bonne émission « C dans l’air » a fait une rétrospective de ce que fut le Franc. Son histoire a été nous a été conté et j’avoue que je n’en connaissais pas un quart.

Petites dates clés :

  • En 1360, le Franc fut créé pour payer la libération du roi Jean le Bon. Le terme « Franc » provient de cet acte qui signifiait que le Roi était « Franc » des anglais. Il s’agit des premières pièces en or appelées « Franc à cheval ». La face représentait un homme à cheval.

  • Le Franc disparaît ensuite sous le règne de Charles VI pour être remplacé par l’Écu or. Les tensions de la Guerre de Cent Ans feront que l’instabilité monétaire règne. Quatre autorités frappent alors concurremment une monnaie : le Roi de France, le Roi d’Angleterre, le Duc de Bourgogne et le Dauphin réfugié à Bourges. Lors de la reconquête du royaume par Charles VII et Jeanne d’Arc, le roi décide de frapper de nouveau un Franc à Cheval pour asseoir son autorité. Malheureusement, très rapidement, l’Écu or reprendra le dessus pour 150 ans.
  • Il faudra attendre 1575 pour qu’Henri III (1574-1589) crée un franc d’argent, appelé « Franc blanc », avec l’ambition de faire correspondre monnaie de compte et monnaie réelle. Mais une déclaration royale en interdit la frappe dès 1586 : cette pièce, est trop souvent rognée ! L’écu d’or au soleil, valant trois livres, devient alors la principale unité monétaire du royaume. Il ne restera du franc que les divisions : les demis et quarts de franc. Après la profonde réforme monétaire engagée à la fin du règne de Louis XIII (1610-1643) qui crée le louis d’or, les derniers demis et quarts de franc sont frappés en 1641. Ils disparaissent au profit des séries fondées sur l’écu d’argent et il n’est plus émis de pièces libellées en « franc » jusqu’en 1793.
  • Dès 1783, la situation générale du royaume et l’endettement de la monarchie sont tels que les pièces ne parviennent plus guère au trésor royal. En 1789, la Révolution, par l’intermédiaire de l’Assemblée nationale, hérite des dettes de la monarchie : environ cinq milliards de livres, auxquelles s’ajoutent des intérêts, fixés à des taux particulièrement élevés ! Pour pallier la pénurie d’espèces, la Convention recourt au papier, d’abord sous forme de billets d’escompte, puis d’assignats gagés sur les biens nationaux, confisqués à l’église. Mais les coupures sont trop grosses. Le problème de la petite monnaie courante reste entier. On fait d’abord appel au don, puis à une contribution patriotique. L’armée et la marine fournissent du cuivre. Les cloches des églises sont fondues. Mais la thésaurisation du métal se poursuit, la monnaie métallique ne circule toujours pas. L’Assemblée se résout à multiplier les émissions d’assignats. L’inflation est telle que les prix sont exprimés aussi bien en métal qu’en papier. En 1793, le gouvernement tente d’assainir la situation par un emprunt forcé, puis volontaire. Le métal précieux est recherché et confisqué par les autorités pour soutenir l’assignat ; la guillotine menace les récalcitrants. La Terreur s’exerce aussi dans le domaine monétaire jusqu’à la chute de Robespierre.
  • C’est à cette époque que le système décimal est mis en place pour remplacer le système duodécimal (base de douze). La livre est donc divisée en 10 décimes. La pièce d’argent est dénommée la « Républicaine », celle d’or le « franc d’or ».  La loi du 15 août 1795 définit le franc, divisé en 10 décimes de 10 centimes chacun, comme étant l’unité monétaire officielle de la République, plutôt que le louis d’or qui porte le prénom du roi déchu. Entré en fonction le 26 octobre 1795, le Directoire, devant le nouvel échec du papier-monnaie dans l’expérience du mandat territorial, établit un change de 5 livres, 1 sou et 3 deniers pour 5 francs afin de rétablir une circulation plus intense des espèces métalliques.
  • En 1803, le consul Bonaparte engage une réforme qui vise à mettre fin à l’anarchie de la circulation monétaire où se côtoient écus, louis d’or et pièces révolutionnaires de divers métaux. Les lois de germinal an XI fixent le système monétaire sur la base d’un franc d’argent dit « franc germinal ».
    Afin de supplanter l’ancien louis d’or royal encore en circulation, une pièce en or de 20 francs – le fameux « napoléon » – et une de 40 francs viennent compléter les monnaies d’argent de 5, 2 et 1 franc : sont frappés pour 500 millions en or et près de 900 millions en argent. C’est pourtant insuffisant. Le recours au papier-monnaie s’impose à nouveau, mais son émission est confiée à la Banque de France, récemment créée avec une réserve métallique permettant d’en maintenir le cours. Le franc germinal se révèle être une réussite. Il reste relativement stable malgré la valse des régimes politiques et perdure jusqu’en 1914.
  • Le 25 juin 1919, Poincaré entérine la mort du franc germinal en redéfinissant l’unité monétaire au cinquième de sa valeur d’origine, c’est-à-dire en le dévaluant de 80 %. Ceci fait suite à la Première Guerre Mondiale et au fait que la France s’était lourdement endetté auprès du Royaume Uni et des Etats Unis. Ce « franc à quatre sous » – dans la conscience populaire le franc vaut encore 20 sous – repose sur l’or, librement convertible… contre un montant minimal de 215 000 F, soit l’équivalent d’un lingot d’or de 12 kilos ! La stabilisation ne dura pas 10 ans. La grande crise des années 1930 engendre les dévaluations en chaîne de la livre sterling, du dollar et du yen. Mais au lieu de dévaluer, la France s’engage dans une fuite en avant déflationniste. Le franc se trouve surévalué face aux autres monnaies dépréciées. Les exportations françaises s’effondrent. Il faut attendre le Front populaire pour que le franc soit à son tour dévalué : entre 1936 et 1940, il perdra près des 2/3 de sa valeur.
  • Revenu au pouvoir en 1958, le général de Gaulle décide de procéder à une nouvelle dévaluation (17,55 %) et annonce la création d’un « franc lourd » qu’il confie à son ministre des Finances, Antoine Pinay, et à l’économiste Jacques Rueff. Le « nouveau franc » est mis en circulation dix-huit mois plus tard : il vaut 100 anciens francs. Représentant la semeuse coiffée du bonnet phrygien, les nouvelles pièces rappellent le franc d’avant 1914. De Gaulle veut en effet que ce nouveau franc – redevenu officiellement le franc en 1963 – soit synonyme de stabilité et de puissance.
  • Adopté le 10 décembre 1991 et ratifié en France par référendum le 20 septembre 1992, le traité de Maastricht prévoit l’unité monétaire de l’Europe, accompagnée de la mise en circulation d’une nouvelle monnaie commune. L’ECU (European currency unit), nom de l’unité de compte européenne existante, est abandonné sous la pression allemande, favorable à la dénomination d' »euro ». C’est donc l' »euro » qui se substitue définitivement au franc le 17 février 2002.
  • Le franc a disparu officiellement en tant que monnaie nationale : depuis le 1er janvier 1999, il n’est plus qu’une monnaie divisionnaire de l’euro. Les espèces libellées en euro sont mises en circulation au 1er janvier 2002. Elles circuleront seules après une période transitoire de six mois. En France, ce délai est réduit au 17 février 2002 terminant ainsi une histoire de 700 ans.
Voilà la petite histoire du Franc. Je vous laisse avec le texte de présentation de l’émission ci-dessous. Pour voir ce débat, je vous laisse suivre ce lien sur le site pluzz.fr

Il y a dix ans, l’euro se substituait définitivement à la monnaie nationale. Et à partir d’aujourd’hui, elle ne sera plus acceptée par les banques centrales. Une fin du franc, anticipée par des commerces pour en vider les tirelires de leurs clients, qui représente une aubaine pour les numismates.

Ce soir, les guichets de la Banque de France, du Trésor public ou de l’Institut d’émission des départements d’outre-mer n’échangeront plus nos derniers billets en francs contre des euros. Une perte de valeur qui affecte la dernière gamme de billets, soit le 20 francs Debussy de 1980, le 50 francs Saint-Exupéry de 1993, le 100 francs Cézanne de 1997, le 200 francs Eiffel de 1995 et le 500 francs Pierre et Marie Curie de 1993.

Selon une estimation de la Banque de France, sur les 50 millions de billets encore en circulation fin 2010, d’une valeur faciale de 602 millions d’euros, il manquerait au final au moins 500 millions d’euros. Une manne qui renforcera le budget 2012 de l’Etat français. En effet, par jeu d’écriture, cette somme réduira d’autant la dette publique, avec une baisse de 0,025 point de PIB.

Comme à chaque échéance de conversion, des opérations commerciales ont été mises en place. A l’instar de casinos et hôtels, à Tours, une centaine de commerçants a accepté les paiements en francs pendant un mois et demi, jusqu’à la mi-janvier 2012, collectant 127 000 francs, soit 19 400 euros. Reste à ceux qui retrouveront des coupures en francs par la suite, lors de déménagements, débarras, successions, héritages ou autres ouvertures de coffres, la possibilité de s’adresser aux numismates.

Car même en cas d’une sortie de la monnaie unique, ils auront peu de chance de voir une remise en circulation de ces billets, selon les experts, qui tablent plus dans ce cas sur l’instauration de « nouveaux francs ». Une situation qui, actuellement, malgré la crise qui secoue la zone euro, semble peu probable dans un proche avenir. En effet, selon un sondage Harris Interactive pour Le Figaro, publié le 13 février, 81 % des Français se disent favorables au maintien du pays en son sein.