Articles

Et si les primaires, version française, choisissaient le candidat non idéal…

Tout d’abord, je tiens à préciser que je suis à 100% pour ce système de désignation, que je trouve démocratique, républicain et qu’il devrait permettre de présenter le candidat idéal pour les partis qui l’utiliseraient. Seulement, j’ai l’impression que le seul système qui soit viable et qui permette de choisir le meilleur candidat pour un parti politique est le système de primaires ouvertes.

Pourquoi, me direz-vous, les adhérents d’un parti ne seraient pas assez « intelligents » ou « futés » pour choisir leur candidat ? Ce n’est pas moi qui le dit ou qui insinuerait ceci mais ce sont les faits qui tiennent à prouver que, lors de votes fermés aux seuls adhérents, le résultat ne permit pas ensuite d’avoir un choix convenant à tous les sympathisants. Si l’on prend le cas de 2007 avec les socialistes, je suis persuadé qu’une des raisons de leur échec fut la candidature de Ségolène Royal. Trop de personnes n’adhéraient pas au personnage et il est certain que des électeurs auront préféré un autre candidat. Je ne dis pas ça parce que personnellement c’est ce que je pensais mais je le dit parce que dans mon entourage j’entendais beaucoup de personnes de gauche hésiter à voter pour elle.

Pour 2012, le même problème se pose actuellement chez Europe Ecologie Les Verts. Les sondeurs donnaient vainqueur Nicolas Hulot, et à la surprise générale ce fut Eva Joly. Les adhérents du parti écologiste ont choisi en leur âme et conscience, mais je crois que le résultat sera catastrophique au soir du 1er tour. Quand on sait ce qu’avait fait le parti pour les élections européennes, il y a de quoi se poser sérieusement la question du pourquoi.

La réponse, pour moi, est très simple. Un vote militant est forcément biaisé sur le simple fait que, ceux-ci, connaissent plus facilement les petits secrets de chacun, que ceux-ci vont plus facilement se positionner dans leur choix en fonction de l’affectif et que leur choix, ne correspondra pas forcément à l’image que les français en ont. Ségolène Royal était très bien vue des militants et pourtant souffrait d’un déficit d’image au niveau national. C’est la même chose pour Eva Joly, qui au sein de son parti semblait mieux porter les valeurs de celui-ci, sans souffrir de l’étiquette qu’aurait pu avoir son opposant Nicolas Hulot. Seulement voilà, au final, pour ce parti, Nicolas Hulot aurait probablement fait mieux que la candidate actuelle même si, intrinsèquement, il n’est pas forcément le meilleur. Mais il faut se rappeler que l’élection présidentielle élit avant tout un « Homme » avant d’élire un programme.

Ainsi, je pense que le choix des socialistes pour cette dernière primaire, fut le bon choix. Ceux-qui ont choisi François Hollande, représentent, théoriquement mieux, la voix des sympathisants de gauche ce qui assoit sa légitimité. Il n’aura pas été choisi que pour des questions internes à son parti, mais sur une dynamique qu’il aura su créer tout au long de la précampagne des primaires.

Je suis même persuadé que, si l’UMP avait voulu réaliser une élection primaire pour cette élection, les militants auraient choisi Nicolas Sarkozy, candidat sortant, alors que les sympathisants lui auraient peut-être préféré un Alain Juppé. Ceci n’est que supposition, certes, mais aurait été envisageable.

Pour conclure, je pense que tout parti qui souhaiterait être sûr de son choix lors d’une élection primaire, devrait obligatoirement choisir l’option « ouverte » qui serait probablement plus proche de la volonté générale.