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Je n’aime pas les éléphants roses !

Cette fois, les jeux sont faits, et pour de bon. Il va falloir subir ce nouveau Président pendant les 5 ans à venir. Le pire, dans cela, c’est que, contrairement à Nicolas Sarkozy en 2007, celui-ci n’aura pas été choisi pour ce qu’il propose, pour ce qu’il représente ou ce qu’il apportera, mais contre l’autre candidat. Celui qui sera dévoilé à 20h et dont la couleur politique pourrait être celle d’une fleur que les amoureux aiment à offrir va se voir confier les rênes d’un pays qui a traversé mieux que beaucoup d’autres les crises depuis 4 ans. Cependant, le Français est ainsi et préférera renouveler le pouvoir politique en place, préférant l’inconnu.

Le choix d’une France « molle », comme certains se plaisent à le dire, va changer beaucoup de choses dans notre avenir, et malheureusement, pas toujours en bien. Vive les dépenses, vive le déficit et vive la dette. J’espère me tromper, mais, l’invasion d’éléphants roses, ne peut être une bonne chose, sauf, si, comme à son habitude, cette invasion se traduit par un retour sur les promesses faites : la retraite à 60 ans, l’imposition des riches de manière confiscatoire au-dessus d’un million d’euros, les 60 000 nouveaux postes dans l’enseignement, etc. Oui ! Il ne faut pas oublier que ce parti politique est avant tout un parti aux propositions à but électoraliste, qui souvent ne met pas en place la moitié des choses qu’il annonce.

Chers Français, vous qui venez de propulser cet homme qui n’a jamais eu de grandes responsabilités à un poste clef dans notre vie, ne soyez pas trop déçus quand vous retomberez sur Terre. J’espère juste que votre déception vous fera enfin ouvrir les yeux sur ce qu’est votre parti politique : « une utopie égoïste ». Votre parti a ça de bien : il n’a que pour but de penser à lui avant de penser à vous.

Je n’ai pu voter à cette élection majeure et de toute façon ceci n’aurait rien changé, mais vous, vous avez voté en votre âme et conscience et c’est bien là le pire. Il y a 5 ans vous aviez été lucide en nous évitant une voie Royal vers une catastrophe annoncée. Aujourd’hui, nous nous dirigeons vers un « Pays Bas » à cause de 53 % de croyants crédules. Au moins, nous aurons évité le pire pendant 5 ans. Sur ce, je vais vous regarder savourer votre victoire en espérant que les lendemains ne déchanteront pas trop vite.

Pour quoi votons-nous ?

En lisant cet article de Zep, j’ai clairement vu une chose à propos de la vision française de l’élection présidentielle. Nous ne votons pas pour un programme, nous ne votons pas pour défendre nos convictions, nous votons pour un homme ou contre un autre.

Je m’explique. En 2007, Nicolas Sarkozy avait su rassembler autour de lui une majorité de Français, en proposant un programme de droite. Aujourd’hui, son programme reste à peu près le même et pourtant, il ne galvanise plus les foules comme d’antan. Il est donc clair que ce n’est pas ce qu’il propose qui fera qu’on votera pour lui, mais pour ce qu’il est ou ce qu’il représente. Et si l’on continue dans ce sens, son adversaire du second tour, Ségolène Royal, avait le problème inverse, souffrant d’un déficit d’image de la part d’une frange de l’électorat de gauche, qui aura préféré le candidat d’en face. Je suis même persuadé qu’un Dominique Strauss-Kahn ou Laurent Fabius auraient amené un résultat beaucoup plus serré voir inverse.

Il était arrivé la même chose à Lionel Jospin en 2002, provoquant l’éparpillement des votes à gauche et créant une situation inédite sous la Ve République : le choix entre deux candidats du même bord politique.

Cette année, si Nicolas Sarkozy est si bas dans les sondages c’est à cause de son image qu’il aura créé pendant ces cinq dernières années. Et pourtant, personnellement, je pense que durant la crise il aura su gérer aussi bien qu’il aura pu. Malheureusement pour lui, sa façon d’être et ses quelques erreurs au début de son mandant auront fait qu’il aura perdu sa crédibilité face à beaucoup de Français, qui ne pourront désormais plus jamais voter pour lui. Il se serait retiré de la course à l’Élysée en laissant sa place à Alain Juppé, et la droite aurait eu beaucoup plus de chances de victoires qu’à l’heure actuelle.

Cette élection présidentielle se transforme donc en un référendum pro ou anti-Sarkozy, et laisse la vraie question de fond de côté : « quelle politique souhaitons-nous pour la France ces cinq prochaines années ? » La réponse apportée reste dans ce cadre-là en proposant comme réponse : « Est-ce que François Hollande peut être un bon Président de la République en tant qu’homme ». Nous oublions encore une fois son programme. Et c’est pour cela qu’aujourd’hui, Jean-Luc Melenchon monte dans les intentions de vote. De plus en plus de Français ouvrent les yeux et se disent que l’homme ne pourrait être à la hauteur de la tache et se rabattent sur le candidat du Front de Gauche. Ils veulent un homme qui pourrait défendre leurs intérêts, en oubliant qu’une partie du programme risquerait de provoquer plus de dommages que de bien. Mais ce n’est pas grave, Monsieur Mélenchon est un battant, comme Monsieur Sarkozy en 2007, et sera à même de mener des combats.

C’est pour cela que j’en reviens à ma proposition d’il y a quelques semaines : un vote unique pour élire nos députés, et donc une politique, qui eux, ensuite, choisiraient notre Président ou Présidente. Oublier l’homme ou la femme qui se présentent, permettrait ainsi un vrai débat d’idées.