« Sarko au Zenith, Ségo en chute Libre »

C’était le titre de « Métro » journal quotidien du 13 juillet. Selon un sondage « Opinion Way » pour « Métro », il en ressort les résultats suivants :

    % d’Opinions favorables :

  • Nicolas Sarkozy : 64 % (+ 6 pts)
  • François Fillon : 57 % (+ 5 pts)
  • Bernard Kouchner : 70 % (+ 4 pts)
  • Rachida Dati : 66 % (+ 5 pts)
  • Jean-Louis Borloo : 60 % (+ 3 pts)
  • Michèle Alliot-Marie : 60 % (+ 5 pts)
  • Roselyne Bahcelot : 56 % (+ 6 pts)
  • Xavier Bertrand : 51 % (+ 2 pts)
  • Christine Lagarde : 51 % (+ 11 pts)
  • Michel Barnier : 50 % (=)
  • Hervé Morin : 48 % (+ 5 pts)
  • Christine Boutin : 48 % (+ 6 pts)
  • Brice Hortefeux : 47 % (+ 3 pts)
  • Xavier Darcos : 47 % (+ 2 pts)
  • Valérie Pécresse : 47 % (+ 1 pt)
  • Christine Albanel : 45 % (+ 5 pts)
  • Eric Woerth : 40 % (+ 4 pts)

Tous les membres du gouvernement sont en progression positive par rapport au dernier baromètre. Les ministres les plus discrets ont la cote de popularité la plus faible alors que Bernard Kouchner s’envole littéralement. L’ouverture prônée par le Président Sarkozy est donc bien accueillie par les Français. Jean-Loui Borloo, quant à lui, ne souffre pas de sa « gaffe » sur la TVA sociale puisqu’il fait parti tu top 3.

En ce qui concerne l’opposition, une forte distension subsiste au sein du Parti Socialiste avec une envolée pour certains et une descente aux enfers pour d’autres. François Bayrou reste cependant en tête malgré sa contreperformance lors des élections législatives. Selon ce sondage il est le second homme et non le troisième…

  • François Bayrou : 57 % (+ 1 pt)
  • Domnique Strauss-Kahn : 55 % (+ 9 pts)
  • Olivier Besancenot : 46 % (- 6 pts)
  • Marie-Georges Buffet : 44 % (+ 4 pts)
  • Dominique Voynet : 43 % (— 1 pt)
  • Ségolène Royal : 41 % (— 10 pts)
  • Laurent Fabius : 35 % (+ 1 pt)
  • François Hollande : 34 % (— 2 pts)
  • Jean-Marie Le Pen : 24 % (+ 6 pts)

Avec sa candidature au FMI, Dominique Strauss-Kahn s’envole dans le haut du classement et devient ainsi la première personnalité de Gauche. Les déboires successifs de l’ancienne candidate Ségolène Royal ne semblent pas jouer en sa faveur puisqu’elle chute lourdement. Le PS va devoir se trouver un nouveau leader rapidement, car aujourd’hui le seul faisant l’unanimité est en train de partir. Il est cependant étonnant de ne pas voir apparaître Jack Lang dans ce sondage. Est-ce parce que sa côte est trop faible ? Cela me semble peu probable.

Résultats Élection Présidentielle 2007 2nd Tour par Département

Pour les amoureux des statistiques et des graphiques voici la carte représentant les départements ayant votés à Droite ou à Gauche. Si certains sont intéressés par le fichier Excel je peux leur transmettre.

Je suis même entrain de le faire par commune mais vu qu’il y en a plus de 36 000, ça devrait me prendre un peu plus de temps (la saisie surtout).

Le choix d’un peuple

Après une campagne qui a passionné comme jamais les Français et qui se sont exprimés comme rarement ce fut le cas lors d’une élection en France, démocratiquement a été élu l’homme qui a su rassembler tout un peuple derrière des valeurs, des convictions et un espoir.

Nicolas Sarkozy sera officiellement le Président de la République le 16 mai 2007 à Minuit

Les sympathisants de gauche ont salué le résultat incontestable et Ségolène Royal a appelé Nicolas Sarkozy pour le féliciter. Cependant, comme je le disais déjà il y a quelques jours, le Parti Socialiste entre dans une tourmente qui pourrait provoquer de grands changements. Henri Emmanuelli parlait déjà de créer un nouveau parti plus à gauche que le parti actuel. Dominique Srauss-Kahn quant à lui reprochait la gestion de ces cinq dernières années et souhaite que le parti se modernise rapidement et trouve une nouvelle ligne de conduite. Même si les journalistes ont tout fait pour qu’il soit reproché à la candidate son autonomie et ses prises de positions d’engageants qu’elle, il n’en fut pas le cas même si l’on a bien senti des tentions et deux mouvements bien distincts parmi les « éléphants » du PS

Le PS chute pour la troisième fois consécutive à l’élection présidentielle, et même, si cette défaite n’est pas la plus lourde, le parti est bien conscient qu’un changement est nécessaire.

Bah moi je sais déjà

Mon homme qui est entrain de travailler a eu par l’un de ses patients un sondage « Sorti des Urnes » et vient de m’appeler pour me donner le résultat. Sauf que, comme je veux pas me prendre une amende de 75 000 € et bien je ne vous dirais rien. Ca ferait 53 % pour l’un ou l’une…

Je donnerai juste un indice pour ceux qui seraient au courant de l’anecdote : Lors des présidentielles de 1995, Bruno Masure avait dit à l’antenne vers 19h30 : « Les carottes sont cuites ». Il avait convenu avec son entourage que s’il disait cela… Et bien disons que nous sommes dans le même cas de figure.

Dernière Ligne droite.

Les dernières heures vont s’écouler petit à petit pour arriver à 20h et nous dévoiler qui sera notre futur Président(e) de la République. (Vous avez vu ? J’ai mis un (e). LOL)

Je propose de trouver des slogans pour le perdant et le gagnant. Je propose celui-ci :

Ségo à Poitiers, Sarko à l’Élysée !!!

Et ca rime en plus. A toi ZEP. Je suis sûr que tu vas m’en trouver un bien.

C’est tellement clair :)

Voici un graphique (ndlr : pas retrouvé dans les archives) représentant les différents sondages depuis le mois de mars. Comme on peut le constater, tout est cohérent. Bref cela montre qu’à une même date les intentions sont différentes selon l’organisme de sondage. Alors que l’un montrera une progression positive pour Sarkozy, un autre montrera l’inverse. Le seul moment où ils se rejoignent c’est sur leur dernier sondage montrant une avance certaine pour Sarkozy.

Samedi, je ne vote pas Ségolène Royal

Ségolène Royal souffre d’une forme aiguë de schizophrénie partisane, qui la pousse à tenter des alliances impossibles pour pêcher chercher quelques voix au-delà de la gauche socialiste. Cette stratégie électoraliste s’est manifestée tout au long de la campagne : Ségolène, souvent lâchée par les éléphants, et en désespoir de projet, a passé beaucoup de temps à courir après son projet présidentiel… et les voix des autres candidats.

Ainsi, à l’automne, elle n’hésite pas à annoncer  » une mesure de grâce pour les faucheurs volontaires d’OGM » de même qu’« une interdiction des OGM en plein champ », et affirmait que les OGM avaient un « impact sur le foetus ». Peu importe pour Ségolène que ces personnes soient condamnées pour avoir détruit des travaux de recherche. Pour un peu, elle approuverait le principe de « désobéissance civile »avancé par José Bové !

Arrivée deuxième au premier tour de la présidentielle, Ségolène Royal n’a pu que constater qu’avec ses 25% et les 11% des cinq candidats d’extrême gauche, le report de voix ne la mène qu’à 37%. Prête à tout pour se faire élire, en dépit de sa réserve de voix, elle n’a pas vu d’autre solution, pour augmenter son score, que de tenter le grand écart : le rapprochement avec le centre.

Celle qui avait mis plus d’un mois à appeler ses concurrents lors de la primaire socialiste la semaine précédent le premier tour, celle qui faisait circuler dans le cadre de son équipe de campagne des papiers d’argumentaire expliquant que François Bayrou était « le candidat de l’immobilisme » et « qu’elle n’avait aucun point commun avec lui », n’a pas hésité à se contredire au lendemain du premier tour et a vite trouvé son numéro de téléphone. Celui qui n’était que le suppôt de la droite il y a encore quinze jours est devenu, dans l’entre-deux tours, le va-tout à jouer absolument. Malgré la désespérance de certains membres du Parti Socialiste, Ségolène est allée jusqu’à chercher l’absolution centriste en quémandant les satisfécit de François Bayrou.

Las ! Il était évident que celle qui est aujourd’hui à la tête d’une alliance de fait allant de l’extrême gauche au socialisme ne pouvait trouver de réelle convergence avec le leader du centre-droit. Car c’est bien ainsi qu’est apparu François Bayrou, notamment sur les questions économiques. La stratégie opportuniste de Ségolène Royal n’aura pas fonctionné : bien qu’elle ait désespérément tenté de trouver des points de convergence par tous les moyens et surtout là où il n’y en avait pas, François Bayrou ne s’est pas rallié. Echec à la Reine !

Claude Allègre donne son point de vue sur les Handicapés

Voici un article du Nouvel Observateur sur les propos tenus par Claude Allègre sur ce qu’a réellement fait la candidate à propos des handicapés. On ne peut pas dire qu’il a un parti pris vu qu’il est du PS…

Au lendemain du débat entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, son ancien ministre de tutelle Claude Allègre s’est montré jeudi « très choqué » de la colère de la candidate socialiste qui « n’a pas fait beaucoup de choses pour les handicapés ».

Interrogé sur RTL, Claude Allègre s’est dit « très choqué parce que, hélas! elle n’a pas fait (…) beaucoup de choses pour les handicapés ». Lors de la mise en place du plan Handiscol, préparé par Mme Royal, « il n’y a eu aucune mesure vraiment importante », « ça n’a pas été quelque chose de très efficace », s’est-il souvenu.

« Celui qui a fait le plus pour les handicapés, c’est Luc Ferry », ancien ministre de Jean-Pierre Raffarin, a estimé l’ancien ministre de l’Education nationale. « Je ne suis pas pour autant pour la droite, mais je pense que la vérité doit être dite en politique. »

« Je suis un peu outré de ça parce que ce qui a été dit, c’est des mensonges », a-t-il encore dit.

L’ancien ministre, qui avait annoncé avant le premier tour qu’il ne voterait par pour Ségolène Royal, a répété cette position pour le second tour. « Je ne voterai pas pour Ségolène Royal », a-t-il dit, sans prendre pour autant parti en faveur de Nicolas Sarkozy.

Vendredi, je ne vote pas Ségolène Royal

Ségolène Royal a-t-elle des amis politiques ? Si elle mène la région à la baguette, ce qui lui assure bon nombre d’inimitiés, force est de constater qu’à l’Assemblée nationale le tableau n’est pas plus rempli : député depuis vingt ans, Ségolène n’a aucun réseau, aucune amitié politique connue. Enfin au PS… les éléphants sonnent plus souvent la charge contre leur candidate que l’union…

Et pour cause : Ségolène Royal et son staff affichent un véritable mépris envers ceux qui ne respectent pas la ligne inébranlable qu’ils ont définie. Souvenez vous de Nolwen, militante brestoise, vertement rembarrée par Ségolène à qui elle avait posé une question dérangeante et qui estimait qu’elle ne pouvait être que téléguidée.

Ou encore d’Eric Besson, secrétaire national du PS à l’économie et démissionnaire de la campagne suite à des désaccords quant au financement des promesses de la candidate, qui eu droit au commentaire suivant : « Qui connaît monsieur Besson. Vous connaissez monsieur Besson ? ». Et c’est Vincent Peillon qui se chargea de Claude Allègre : « Puisqu’on nous dit depuis un moment que l’on aurait des difficultés avec les enseignants, cette déclaration d’Allègre est pour nous un vif soulagement et devrait permettre une réconciliation avec les enseignants ». Que d’amabilités…

Si le clan Royal n’hésite pas à tirer sur les socialistes, c’est qu’il faut préserver le pré carré que constitue la ligne politique Royal-iste, définie par le seul staff de Ségolène. Seuls, sans l’appareil du PS, et bien sûr sans la démocratie participative, fumeux concept-prétexte destiné à cacher l’exclusion du parti et de son programme –pourtant validé par les militants- dans la campagne de la candidate.

Eric Besson, explique dans son livre la méthode Royal : autour de la candidate, quelques spin doctors qui eux seuls ont accès à son siège de campagne. Les éléphants du PS en sont exclus, tout comme ils le sont des décisions. A titre d’exemple, elle n’a pas jugé bon « de consulter le bureau national, pourtant rebaptisé comité de campagne, avant d’annoncer qu’elle signerait le pacte écologique de Nicolas Hulot ». Idem sur le nucléaire. Ou encore le contenu de son discours de Villepinte. Et naturellement sur le financement de ses promesses.

Autant de raisons qui expliquent l’hémorragie au sein des troupes socialistes. Bernard Tapie et Eric Besson ont franchi le rubicond, Kouchner et Rocard ont appelé François Bayrou à la rescousse, et Vaillant, Besson, Mélenchon ou encore Allègre ne font pas campagne, et le reste de l’appareil se fait tirer l’oreille pour se mettre en campagne… tout en distillant dans la presse informations internes –en permettant au Monde d’écouter les débats du bureau national au moyen d’un portable laissé délibérément ouvert- et petites phrases bien senties à l’égard de la candidate désignée par les militants.

Jack Lang, devenu un de ses fidèles, aura quand même écrit dans son livre présidentiel jamais paru, « Tout ce que vous avez toujours voulu sur moi », au printemps 2006, qu’elle n’a «aucune» expérience «ni à l’international, ni dans un grand ministère». Pour Lang, «on ne peut pas jouer uniquement de son charme, ne rien dire, et espérer devenir présidente», précisant que « D’aucuns lui reprochent de n’avoir pas beaucoup participé aux réunions de travail et de ne pas avoir apporté grand chose au débat interne.»

Julien Dray lui même a expliqué, après le débat interne du PS au Zénith de Paris le 11 octobre 2006, qui avait valu quelques sifflets à Ségolène Royal : « Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Elle a été franchement nulle. Nulle, je te dis, elle a été nulle ! ». Laissons tout de même le meilleur à son compagnon, François Hollande, qui déclare au Monde à la sortie de ses voeux à la presse le 15 janvier : « Sa ligne ? Quelle ligne ? Elle n’en a pas encore. » Avec des soutiens comme celui-là, pas besoin d’ennemis…

Ceci dit on peut toujours guérir de la Ségolite et dans cette catégorie, c’est Eric Besson qui remporte la palme : « Je pense en conscience que Ségolène Royal ne doit pas devenir présidente de la République. Je ne le souhaite pas pour mon pays. Je le redoute pour mes enfants ».

Avantage à Gauche

Après ce long débat entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy on peut assurément dire que la première a mieux métrisé son sujet sans bafouiller et sachant clairement ce qu’elle allait dire alors que pour le second ce n’était pas toujours le cas. Il paraissait moins à l’aise et moins sûr de lui. Cependant, il retrouvait parfois sa verve habituelle et reprenait le dessus à ce moment là. On lui reprochera que ce n’était malheureusement pas souvent.

Ils ont essayé de se piéger mutuellement et y sont arrivés de temps en temps. Sur le nucléaire, la candidate socialiste avait raison sur le fait que l’EPR est de troisième génération mais se trompait sur le fait que le nucléaire représente bien aujourd’hui 39 % des énergies utilisées et non 20 % comme elle le prétendait.

Ensuite, Nicolas Sarkozy a bien choisi son moment pour faire perdre son calme à Ségolène Royal en l’attaquant sur un sujet qui lui est cher. Le résultat fut immédiat et le coup était gagné.

Enfin, il est clair que la stratégie de la candidate était d’voir toujours le dernier mot et d’essayer de ne pas laisser le candidat de l’UMP argumenter. Il est impressionnant le nombre de fois où ce dernier n’arrivait pas à placer un mot pour défendre son programme alors que la réciproque était vraie. Soit il avait peur qu’on le prenne pour un machiste, soit il n’avait réellement pas les moyens d’enchainer.

Il a joué sur un côté humain, pour essayer de rompre avec l’image qui lui colle à la peau et je pense que c’est réussi. Pour la candidate c’était sur la crédibilité qu’elle jouait et elle a également bien maitrisé cet aspect.

Au final, et puisqu’il faut un vainqueur, je dirais que c’est la candidate socialiste qui s’est le mieux sortie de cette redoutable épreuve, même si j’aurais juste un reproche à lui faire : je l’ai trouvé trop ferme. On pourra reprocher le contraire à son opposant.