Flash-Back n°3 – Toulouse

Petit retour en arrière de plus de 5 ans. Cela me ramène à fin septembre 1999. Je discutais à l’époque sur « Planète Gay », un salon de chat sur Aol. J’étais entré en contact avec un certain Willy qui avait le même âge que moi. A force de dialoguer, nous nous apprécions énormément et nous voulions nous découvrir d’avantage. Nous avions alors décidé de nous rencontrer et je prenais pour la première l’avion en direction de Toulouse. Arrivé là-bas je tombais sur un jeune homme charmant avec qui le charme avait immédiatement opéré. Après plusieurs rencontrent à Paris et Toulouse, nous décidâmes très rapidement d’aller plus loin dans notre relation, mais la distance nous posait un sérieux problème. Nos revenus ne nous permettaient pas de vivre à distance. Il fallait donc que l’un de nous deux face le pas de tout quitter pour aller vivre chez l’autre. C’est moi qui fis le pas et je me retrouvais habitant Toulousain. J’ai alors découvert cette superbe ville qu’est Toulouse. Se lever tous les matins et profiter d’un soleil radieux qui illumine les Pyrénées enneigées est assez appréciable. Je continuais à suivre en parallèle mes études d’architecture et travaillais également pour subvenir à nos besoins. Lui suivait des études de géographie à la faculté du Mirail. Nous avons passé le réveillon du passage à l’an 2000, dans son Chalet familiale sur les pistes de ski. C’était assez sympathique mais ce fut pour moi un déchirement de ne pas le passer en famille à Paris. Je rêvais de le faire sous la Tour Eiffel. Nous avons continué tout doucement notre vie de couple mais un élément perturbateur a commencé à se mettre dans nos jambes. Son meilleur ami de l’époque, F., était quelqu’un de possessif et d’orgueilleux. Il était également très prétentieux et grande gueule et je ne l’appréciais pas trop. Je n’avais pas forcément confiance en lui. Plus le temps passait et plus je voyais qu’il était jaloux de moi. Je croyais alors qu’il souhaitait sortir avec mon Mec. Il a alors commencé à nous mettre des bâtons dans les roues mais de façon pernicieuse. Il ne disait jamais rien devant moi mais se chargeait bien de me tailler un costume dans mon dos vis à vis de mon mec. Celui-ci n’osait pas trop le contredire et ne m’en parlais pas. Je sentais bien que quelque chose se passait mais il ne m’en parlait pas. Seulement un soir, F. à téléphoner sur le fixe de mon mec et a commencé à dire que de toute façon je me servais de mon mec et que je ne valais rien, etc… La seule chose que ne savait pas F. c’est que le haut-parleur était branché. Il s’est alors retrouvé en porte à faux et ne pouvais plus jouer l’hypocrite. Ce petit manège s’est empiré avec le temps et cela devenait invivable car mon Mec ne voulait pas arrêter de voir son « meilleur ami » mais ne voulais pas prendre non plus ma défense. Comme je n’aimais pas ce double jeu et cette situation, j’ai alors décidé de tout laisser tomber et je suis reparti sur Paris le 1er Mai 2000, 8 mois après notre rencontre. Je scellais là notre couple, à regret, mais ne pouvais plus vivre ainsi.

Dans les mois qui ont suivi, mon ex a alors arrêté de voir F. car il avait compris entre temps que ce dernier se foutait bien de sa gueule et qu’il n’en avait rien à foutre. Je suis retourné voir mon ex plusieurs fois par la suite et il s’agissait toujours d’un vrai bonheur de me replonger dans cette ambiance et de revoir ce petit homme (mon premier amour). Puis au mois d’avril 2002, je suis allé le retrouvé pour aller fêter son anniversaire. F. n’était pas au courant de ma venue mais nous l’avons croisé, par hasard, en boîte. Et là je suis resté scotché de son attitude. Il est arrivé droit vers moi et a commencé à me draguer ouvertement devant mon ex. Il lui a même balancé « Ça te fais chier qu’il soit là, t’es encore amoureux de lui. Je le vois bien que tu es triste au fond de toi » et il est revenu vers moi en me disant que si je voulais je pouvais venir dormir chez lui. Et c’est à ce moment-là que tout s’est remis dans l’ordre dans ma tête et dans son celle de mon ex. F. était quelqu’un de très prétentieux qui ne supportait pas d’avoir l’impression d’être inférieur à quelqu’un. Ainsi, quand je suis sorti avec mon ex, F. n’a pas supporté que son meilleur ami sorte avec moi (car il me trouvait canon), alors que lui se tapait des thons. Tout le temps où F. et mon ex se connaissaient, F. rabaissait tout le temps celui-ci. Et donc là, il était tellement jaloux de mon ex qu’il a tout fait pour que nous cassions. Comme il était arrivé à ses fins, il a tenté ensuite de voir si je voulais sortir avec lui…

Nous sommes sorti alors de la boîte en pleure car nous venions de comprendre que nous avions rompu pour de mauvaises raisons et qu’il s’agissait en fait d’un coup monté. Le lendemain, en reprenant l’avion et durant tout le vol, j’ai écrit une lettre à mon ex pour lui demande de bien vouloir me pardonner pour mon comportement lors de notre rupture car je l’avais accusé de pleins de choses alors qu’il n’était responsable de rien.

Depuis, j’ai toujours eu du mal à accepter ce que je lui ai fait subir et la manière dont je l’ai fait. Du jour au lendemain je l’ai abandonné à Toulouse en repartant sur la capitale. Je ne lui avais donné aucun moyen de me prouver sa bonne foi. F. avait réussi son coup et mon ex et moi regretterons à jamais la manière dont cela c’était terminé. Nous ne saurons jamais comment cela aurait continué si F. n’avait pas existé.

Flash Back n°2 : WTC 8h45

Qui ne se rappelle pas ce qu’il faisait ce jour là quand il a apprit l’impensable ? Ce jour où l’ennemi de l’ombre est passé à la lumière, ce jour où ce n’est plus une nation qui attaque une autre mais un groupe extrémiste qui attaque une idée, une pensée, une Démocratie.
WTC

C’est ce jour où je travaillais rue de Rivoli dans le magasin celio. Je descendais de pause déjeuné lorsqu’un autre vendeur vins me voir et me dit : « je viens d’entendre un client dire que la 3ème Guerre Mondiale va commencer. Les Etats-unis sont attaqués. » Là je m’arrêtai pour comprendre et j’appelais immédiatement mon copain de l’époque qui était chez lui et lui demandais d’allumer la télé et de se mettre sur LCI. Il me confirma à ce moment que le WTC venait d’être touche par un avion. A ce moment précis, il vit l’autre avion s’écrasé en direct sur l’autre tour. Mes jambes se liquéfièrent et je confirmais malheureusement à tout le magasin ce qui se passait à 6000 Km de là. Je voyais tous ces étrangers américains qui se baladaient dans le magasin et je me disais qu’il fallait les prévenir. Mais comment leur dire ? Comment leur faire comprendre que leur nation était attaquée au coeur ? Je me résignais à ne rien dire, ne sachant finalement pas comment leur dire et me disant que ce n’était pas à moi de leur annoncer la mauvaise nouvelle. Toute l’après midi j’étais informé en direct par mon copain qui m’envoyait par sms le déroulement minute par minute de tout ceci. J’étais complètement désemparé, ne pouvais plus tenir en place en attendant qu’une seule chose, que 20 h arrive pour que je puisse rentrer chez moi et qu’on me dise qu’il s’agissait d’une plaisanterie de mauvais goût. Mais malheureusement tout était vrai et je restais planté devant les infos jusqu’à 2 h du matin, voyant au fur et à mesure des directs, les différents immeubles adjacents s’effondrer les uns après les autres…

Depuis, le monde a bien changé, cherchant un ennemi invisible, sournois, qui peut aussi bien être vous ou moi. Une seule chose est importante : ne jamais oublier que pour une simple idéologie, près de 3000 innocents donnèrent perdèrent perdirent leur vie…

Flash Back n°1 : les études

Aujourd’hui je suis directeur adjoint d’un magasin Celio et peut être dans les mois qui viennent un directeur de magasin. Mais comment en suis-je arrivé là ?

Jusqu’à l’obtention de mon bac Scientifique spé Maths en juin 1998, j’étais toujours dans le foyer familial avec ma mère et deux de mes frères. J’ai eu ce bac sans trop révisé d’où un 11 de moyenne, qui de toute façon me suffisait pour passer à la suite.

Après l’affichage des résultats, je suis allé m’inscrire à mon école d’architecture qui se trouvait à paris Tolbiac mais qui déménageait pour la rentrée scolaire à Marne-la-vallée. Je me rappelle d’ailleurs très bien de ce jour car il s’agissait du lundi 13 juillet 1998, lendemain d’une certaine finale France – Brésil. L’inscription c’est très bien passé durant la matinée et ma mère, mon frère et moi en avons profité pour aller faire un petit tour sur les champs elysées, comme 600 000 autres personnes d’ailleurs, pour aller voir les footballeurs avec leur trophée. Ce fut un moment marquant car c’est la seule fois de ma vie où je vis 600 000 personnes communiées autour d’une seule et même joie. Ca faisait plaisir à voir que finalement, le parisien, égoïste et nombriliste, arrivait à partager des choses avec un inconnu.

La rentrée scolaire fut un 18 octobre et tout se passa bien durant l’année, que j’obtins sans grande difficulté. Mon père et ma mère avaient tout financé. La seconde année s’arrêta rapidement pour des problèmes personnels. J’en profitai pour travailler à droite et à gauche, partir un peu à Toulouse, pour revenir ensuite sur la capitale au mois de mai 2000. A ce moment là je commençai à travailler pour celio comme job de vacances.

Durant l’été, mon père m’annonça qu’il ne financerait plus mes études car il en avait marre et qu’il préférait garder cet argent pour lui. Quand j’annonçai ceci à mère, elle me rétorqua qu’elle paierait à sa place. Je lui fis comprendre que nous ne tiendrions pas l’année comme cela et que je serais obligé de l’arrêter en cours pour pouvoir payer mes charges. Et comme les 2 premières années doivent se faire en 3 ans maxi, je ne voulais pas risquer de gaspiller ma dernière chance. Je décidai alors de continuer chez celio et de reprendre un jour mes études…

En conclusion : j’ai arrêté mes études à cause de mon père et suis arrivé chez celio par hasard. Aujourd’hui je suis directeur adjoint alors que rien ne me destinait à ça. On peut donc évoluer au travail sans forcement avoir bac + 6.