L’indépendance des médias, une gageure !

Je vous avais parlé il y a quelque temps du journalisme de gauche, m’assurant de nombreuses réactions sur mon profil Facebook. Pour ajouter de l’eau à mon moulin, je viens de lire cet article : « De l’indépendance des journalistes » tiré du Blog Hashtable. Il revient d’abord sur la composition de différents journaux. Ceux pris en exemple étaient, en majorité, composés de partisans de gauche et d’extrême gauche. Certes, il faut reconnaître qu’un journal comme le Figaro ne fait pas partie de la liste. Mais il faut reconnaître que dans l’ensemble, un journal aura forcément une voix partisane pour un bord ou l’autre. Et c’est bien là où le bât blesse, c’est que l’information, quelle qu’elle soit, sera toujours relatée, même inconsciemment, en fonction de ce qu’en pense l’auteur.

Dans l’absolu, cela ne poserait aucun problème si l’on connaissait à l’avance la façon de penser du journaliste et qu’il assumait clairement son opinion, tel que je le fais sur ce blog. Je revendique mes convictions de droite et écris en fonction, ne cachant rien de mon parti pris. Pourquoi les journalistes de grands médias ne devraient-ils pas faire de même ? Ce serait plus honnête. Aujourd’hui, ils sont rares, ceux qui font preuve d’impartialité. Alain Duhamel me semble en faire partie par exemple. Mais les autres ont souvent plus l’envie de tomber dans le sensationnel que de faire du journalisme d’information et seulement d’information. Mais le plus gros problème n’est pas dans ce partisanisme, il est dans la représentation de chaque courant. Si l’on prend la dernière élection présidentielle, le premier tour refléterait, à mon sens, ce que devrait être le paysage médiatique. En gros, 29 % vers une vision façon PS, 27 % avec une vision UMP, 18 % avec une vision FN, 11 % avec une vision Front de Gauche, 9 % avec une vision MoDem et 2 % avec une vision écologiste. Or, aujourd’hui, c’est tout sauf cela. Pourquoi obliger les médias audiovisuels et radiophoniques à surveiller les temps de parole si la presse écrite ne le fait pas en calculant le nombre de lignes par exemple ? Et puis ce temps de parole n’est valable qu’en tant de prépériode électorale et période électorale. Le reste du temps, on s’en fout ? Et non.

Je suis pour la liberté d’expression ! Donc je suis contre la censure ou l’obligation de traiter tel ou tel sujet. Mais par contre, il serait intéressant d’imposer à la presse écrite cette équité durant les périodes électorales, et que chaque journaliste se positionne comme c’est le cas par exemple avec Eric Zemmour et Eric Naulleau. Ils ne sont pas meilleurs que les autres, mais leur parti pris ne me choque pas du moment qu’il est assumé. Cela pose évidemment le problème de la liberté de conscience. Mais il y a aussi un problème à partir du moment où une majorité des médias soutient un seul camp et pas l’autre. Pourquoi ne devrions-nous entendre qu’une seule vision des choses ?

C’est pour cela que l’article de Hashtable est intéressant, car il cite une enquête de l’Ojim (Observatoire des journalistes et de l’information médiatique). Petite précision à faire : « Il faut bien situer la valeur de ce sondage. Il ne prétend pas représenter l’opinion générale en France, mais il peut représenter les jugements des internautes (ou d’une partie substantielle de ceux-ci) sur les médias et le journalisme. » En effet, ce sondage a été réalisé en ligne, sans utiliser la méthode des quotas représentatifs. 5 000 internautes se sont prêtés à ce questionnaire.

Voici l’infographie représentant les résultats : (cliquer dessus pour agrandir)

 

Indépendance et pluralisme des médias en France

 

Cette enquête avait pour but de mesurer le ressentit des internautes sur leur vision du journalisme et de mesurer la manière dont l’information leur est transmise. Ce qui est rassurant et inquiétant à la fois, c’est qu’une écrasante majorité, 98 %, pense que l’opinion du journaliste va influencer ce qu’il relate. Mais le problème dans tout cela c’est quand 86 % pensent qu’ils sont à gauche. Ce serait pour la droite, le problème serait le même. L’information, pour le lecteur, sera de toute façon galvaudée. Mais dans ce cas, quel en est l’intérêt ? Le pire, dans cette enquête, c’est la réponse à cette question : « Diriez-vous que les journalistes sont proches ou déconnectés de la réalité ? ». 89 % pensent qu’ils sont déconnectés. Diantre !

La dernière question rejoint ce que je disais avant de parler de cette enquête : 82 % des sondés pensent que les médias devraient rétablir le pluralisme idéologique des rédactions.

Espérons que cette enquête fasse réagir dans les rédactions. Et comme le dit Hashtable, celle-ci n’a fait aucun écho médiatique. Trop dérangeante !

Laisser un commentaire