Et si l’élection du Président de la République devenait indirecte pour plus de démocratie…

Depuis plusieurs Élections Présidentielles, un problème est récurrent : le problème des 500 parrainages pour les « petits » candidats. Cela soulève un autre problème, la représentativité des partis politiques dans le paysage des élus français qui pourraient procurer ces parrainages. Et pourquoi ne pas retourner le problème ? En effet, si nous élisions les députés à la proportionnelle à deux tours, cela permettrait que la majorité des grands partis soient représentés et ainsi, il y aurait des candidats pour chacun d’entre eux. Quel en serait le déroulement.

Deux options :

  1. Soit le président serait choisi parmi les députés élus
  2. Soit le président serait choisi parmi une liste distincte, publiée avant les élections législative.

Ensuite, je précise qu’il y aurait deux tours pour éviter un blocage en ayant trop de députés esseulés. Le second tour ne serait ouvert par exemple qu’aux partis ayant obtenus plus de 5 % au premier tour.

Si on appliquait cela aux législatives de 2007, ça donnerait le résultat suivant :

Partis politiquesou coalitions Votes (premier tour) Présent au Second Tour
Absolu Relatif Évo.
Union pour un mouvement populaire (UMP) 10 289 028 39,54 +6,24 Oui
Divers droite (DVD) 641 600 2,47 – 0,82 Non
Majorité présidentielle(dont NC-PSLE) 616 443(416 361) 2,37(2,04) Non
Mouvement pour la France (MPF) 312 587 1,20 +0,40 Non
Majorité présidentielle 11 859 658 45,57
Parti socialiste (PS) 6 436 136 24,73 +0,62 Oui
Parti communiste français (PCF) 1 115 719 4,29 – 0,53 Non
Les Verts 845 884 3,25 – 1,26 Non
Divers gauche (DVG) dont MRC 513 457 1,97 +0,88 Non
Parti radical de gauche (PRG) 343 580 1,32 – 0,23 Non
Gauche parlementaire 9 254 776 35,56
UDF – Mouvement démocrate (MoDem) 1 981 121 7,61 +2,76 Oui
Front national (FN) 1 116 005 4,29 – 7,05 Non
Extrême gauche (EXG) dont LCR & LO 887 887 3,41 +0,62 Non
Divers et sans étiquette 267 987 1,03 +1,03 Non
Chasse, pêche, nature et traditions (CPNT) 213 448 0,82 – 0,85 Non
Divers écologistes 208 465 0,80 – 0,37 Non
Régionalistes, autonomistes et indépendantistes 131 585 0,51 +0,25 Non
Extrême droite (EXD) dont MNR 102 100 0,39 -0,94 Non

Dans ce cas, on voit bien que seuls trois partis seraient au second tour. On voit également que la multiplication des petits partis au niveau local est préjudiciable car aucun ne parvient au second tour. Dans le cas actuel, beaucoup de ces petits partis avait conclus des accords avec les grands pour que ces derniers ne présentent pas d’adversaire en face. Ainsi, le Parti Communiste et la Divers Gauche avaient obtenu à eux deux 30 sièges. Aujourd’hui, est-ce que le PC aurait autant d’élus ? Rien n’est moins sûr.

Certains me répondront qu’avec ce système, au contraire, cela n’avantage que les grands partis et non les petits. Oui, dans un sens. Mais je leur répondrais que si aujourd’hui certains « petits » partis sont représentés c’est uniquement du fait des accords électoraux, et non, par une volonté du peuple. Qui nous dit que ces 15 députés communistes représentent réellement la volonté du peuple ? Au contraire, je pense que cela n’est pas du tout représentatif, bien au contraire. De plus, cela poserait une autre question : le fait de voter pour un parti ou de voter pour un candidat. L’exemple parfait est François Bayrou avec le MoDem. Entre le nombre d’élus actuels et son score à la présidentielle, il y un écart impressionnant.

Chaque courant politique se poserait ainsi réellement la question sur son programme. Il n’y aurait plus de petits arrangements entre amis comme c’est le cas actuellement (EELV et le PS, UMP et Nouveau centre, etc.). Ainsi, le message des verts ne seraient pas dénaturés par un accord pour être sûr d’avoir des députés. Ou alors, ils ne se présenteraient pas du tout et aurait un vrai accord ferme et définitif qui imposerait des personnes à eux sur la liste que présenterait le parti. Oui, car, comme aux municipales, chaque camp politique présenterait une liste correspondant aux 551 sièges de l’assemblée nationale.

Un des inconvénients de ce système, serait que les députés ne seraient plus élus avec une valeur « locale ». Ils ne pourraient plus se battre pour « leur » circonscription. Mais si on y réfléchit, quelle est aujourd’hui la valeur de cette notion de « local » au niveau de l’assemblée nationale ? Les députés se battent-ils tous réellement pour les administrés ? Je n’en suis pas si sûr. Avec la décentralisation, ils n’ont plus autant de pouvoir d’action qu’avant. Les régions ont beaucoup plus de pouvoir qu’eux.

Enfin, un des autres avantages est l’économie que représenterait la suppression de deux tours d’élections. En effet, il n’y aurait plus d’élection présidentielle à proprement parlé. On ne devrait ainsi plus payer tous les fonctionnaires un dimanche, le coût d’acheminement des plis électoraux, le remboursement des frais de campagne, etc. Ceci représente plus de 100 millions d’euros.

Pour la mise en oeuvre de ceci, je pense qu’il faudrait passer par une nouvelle constitution et donc une VIe République. Un référendum permettrait de confirmer, par le vote des français, que ce choix leur convient.

2 comments on “Et si l’élection du Président de la République devenait indirecte pour plus de démocratie…

  1. Zep

    Je trouve l’idée intéressante. Il permettrait en effet d’éviter les heurts actuels, mais couperait le président de son élection par le peuple, comme le souhaitait De Gaulle…

  2. Pingback: Pour quoi votons-nous ? | Atypik revient...

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