Et si la gauche perdait encore les Élections Présidentielles…

Tout le monde le sait, les élections présidentielles furent pour la Gauche française, une succession d’échecs durant la Ve République. Hormis François Mitterrand, tous les candidats, quels qu’ils soient, ont toujours chuté au pied du poste le plus prestigieux de la vie politique française. Même le favoris de 2002, Lionel Jospin, s’est lamentablement arrêté au premier tour, échec Ô combien retentissant, laissant sa place à Jean-Marie Le Pen.

Pour comprendre ces échecs, il faut revenir sur le contexte de 2002. La gauche qui était au pouvoir depuis 1997 sous l’appellation « Gauche Plurielle » avait réunis un grand front, allant de l’extrême gauche aux Verts. Malheureusement pour le Parti Socialiste, en 2002, il fut impossible de conduire une seule et même liste pour la Présidentielle. La multitude des « petits candidats » de gauches entraînera l’affaiblissement du vote pour le candidat socialiste. Il y aura en tout, 7 candidats se revendiquant à gauche. De plus, à l’époque, un des sujets de préoccupation des français était l’insécurité, qui fut très mal négocié par Lionel Jospin, avouant que le bilan de son gouvernement n’était pas bon. Celui qui avait un poste quasi-assuré à l’Élysée, rentra chez lui par la petite porte, devant même demander à ses partisans de voter pour Jacques Chirac.

En 2007, il se passa une chose que seul le Parti Socialiste est capable : sabrer soi-même son candidat qui était Ségolène Royal. Ils avaient pourtant bien commencé en proposant des primaires qui devaient consacrer le candidat idéal. Seulement voilà, La pauvre Madame Royal se retrouva esseulée dans son propre camp. Il n’en fallait pas moins à Nicolas Sarkozy pour admirer le spectacle et occuper le terrain médiatique. Les sujets centraux furent une fois de plus la délinquance et l’insécurité. Le charisme du candidat de l’UMP contre la maladresse de la candidate du PS enleva les dernières chances pour la Gauche d’être élue.

En 2012, les socialistes ont tiré les leçons de leurs échecs. Ils définirent un calendrier précis de leur campagne en commençant dès avril 2011 à l’élaboration de leur programme. En octobre 2011, la primaire citoyenne propulsa François Hollande comme le candidat d’un parti uni. Ensuite, c’est là où les vieux démons ont commencé à revenir. Les hésitations fréquentes du PS à propos de leur projet et les contradictions entre le candidat, le projet et ses lieutenants ont contribué à discrédité une partie du message. Exemples : la retraite à 60 ans, la création de nouveaux postes dans l’éducation nationale, la sortie ou non du nucléaire, etc. On se rend compte que la communication n’est pas parfaite et les différences de point de vue ne sont toujours pas réglées en interne. C’est exactement la même chose lors de la polémique sur l’accord avec Europe Écologie les Verts. Deux sons de cloches sont ressortis : l’un venant de François Hollande et l’autre venant du parti. On commence même à voir ces dernières semaines, des rappels à l’ordre de Martine Aubry auprès des brebis galeuses. Ensuite, la présence médiatique très importante durant la période de campagne des primaires aura tranché avec l’absence de cette fin 2011. Il aura fallu attendre la fin de janvier 2012 pour revoir le candidat Hollande. De plus, il n’aura échappé à personne que son contrôle sur son image aura totalement changé depuis qu’il fut investi comme candidat. Pendant les primaires, il était accessible aux médias, ce qu’il n’est plus actuellement. C’est dommage quand on se veut près des gens et du peuple. Au niveau de l’image donné, je ne suis pas sûr que cela le serve. Enfin, et c’est là où je pense que le plus gros problème est, c’est au niveau du débat politique. Aujourd’hui, il se réduit à répondre aux provocations que se font les partis les uns aux autres. La seule différence qu’il y a, c’est que tout ce qui se passe aujourd’hui, servira au futur candidat de droite, Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, il n’entre dans aucune et pourra les réutiliser à bon escient le moment adéquat. Là où le PS devrait être intelligent et ne pas répondre, il monte au créneau, créant de fait, des arguments pour la suite. Là où le PS devrait ne rester que sur ses thèmes de campagnes, il ne reste que dans les polémiques, s’enlevant de fait du temps de parole pour prouver que son projet pourrait être le meilleur.

Ce qu’oublie la gauche, c’est le talent de Monsieur Sarkozy pour une campagne électorale. Ce que ne voit pas arriver la gauche, c’est le Tsunami qui se prépare à tout dévaster dès l’entrée en campagne du Président actuel. Il faut bien avouer que ce dernier avait bluffé tout le monde en 2007 et qu’il avait réalisé un parcours sans faute. Ce que ne voit pas la gauche c’est le retour de ce Sarkozy avec la multitude de propositions qui sortent chaque semaine. Ce que ne voit pas la gauche c’est que l’UMP détourne l’attention des socialistes avec des petites phrases pour laisser le champ d’honneur au Président et à ses propositions.

Quand la gauche se réveillera, il sera trop tard. Et tout ce qui sera perdu, sera difficile à reprendre. Il n’en demeure pas moins que les sondages donnent un net avantage à François Hollande. L’histoire nous aura prouvé que ceux-ci ne sont jamais fiables.

2 comments on “Et si la gauche perdait encore les Élections Présidentielles…

  1. esberesber

    Sarkozy…. parcours exemplaire, je n’irais pas jusque là, il n’a pas remporté l’élection présidentielle avec 60% des votes, loin de là…
    merci pour cet article !

    1. Atypik

      Non, certes. Les 60%n’étaient pas là, cependant, les retours que j’ai pu entendre ici ou là, s’accordaient à dire que sa campagne avait tout pour être réitérée la fois suivante. Il paraîtrait même que des observateurs américains étaient venus pour prendre modèle lors de l’élection de 2008 qui avait vu Barack Obama être élu.

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