Et si le calendrier électoral nous était conté…

Bureau du Président de la République

Avant toute chose, j’ai une nouvelle en avant première : le 17 mai prochain, la France connaîtra son 24e Président de la République depuis Louis-Napoléon Bonaparte qui fut élu le 20 Décembre 1848. Mais avant que celui-ci ou celle-ci ne puisse s’asseoir dans le fauteuil du Salon Doré, il devra suivre un calendrier bien particulier.

Samedi 31 décembre 2011 : Date limite d’inscription sur les listes électorales. Après cette date, il sera trop tard pour chaque candidat de tenter de motiver ses électeurs potentiels s’il ne sont pas inscrits. (Sauf si on se trouve dans certains arrondissements de Paris où là il est même possible de voter à titre posthume.)

Jeudi 23 février 2012 : Décret de convocation des électeurs et envoi des bulletins de parrainage aux élus. A cette date, ce sera le début de la course pour certains « Petits Candidats ». Ils n’auront alors que jusqu’à la prochaine date pour faire preuve de conviction auprès des élus de France. Rappelons qu’un prétendant à la magistrature suprême devra tout d’abord obtenir ses 500 « Présentations » qui est le terme légale ou parrainages pour le commun des mortel.

Les élus qui peuvent « parrainer » un candidat sont :

  • les députés et les sénateurs,
  • les maires (maires délégués des communes associées, maires des arrondissements de Lyon et de Marseille),
  • les membres élus de l’Assemblée des Français de l’étranger,
  • les présidents des organes délibérants des communautés urbaines, des communautés d’agglomération et des communautés de communes,
  • les conseillers généraux des départements, de Mayotte, de Saint-Pierre-et-Miquelon et du conseil de Paris,
  • les conseillers régionaux,
  • les membres élus de l’assemblée de Corse, de l’assemblée de la Polynésie française, du congrès et des assemblées de province de la Nouvelle-Calédonie et de l’Assemblée territoriale de Wallis-et-Futuna,
  • le président de la Polynésie française et le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie,
  • les membres du Parlement européen élus en France et ressortissants français.

En cumulant tout ce petit monde, il paraîtrait, selon mes sources ultra-confidentielles, qu’on approcherait le nombre de 45 000 personnes. Il n’en reste pas moins que pour certains, cet obstacle reste le plus difficile dans toute la course pour le Palais de l’Elysée. Plusieurs candidats déclarés se sont déjà vu refuser l’accès à l’étape suivante, faute de signatures suffisantes. (Dupont-Aignan, Dieudonné, Boutin, …) C’est censé éviter toute candidature fantaisiste mais de l’autre côté cela peut aussi priver des courants de pensée différents. Le débat sur ce sujet dure depuis des années et je pense qu’il serait nécessaire, rapidement, de le réformer.

Vendredi 16 mars 2012 : Date limite de dépôt des 500 parrainages nécessaires aux candidats. A cette date, les jeux seront fait pour tous ceux qui veulent avoir un petit bulletin avec son joli nom dessus lors du premier tour.

Mardi 20 mars 2012 : Publication au Journal officiel de la liste des candidats établie le 19 mars par le Conseil constitutionnel. C’est là où l’on saura qui seront les prétendants pour remplacer notre Président. C’est également là où nous pourrons voir ceux qui ont su assumer leur façon de penser et soutenir un candidat extrémiste par exemple. C’est justement là où le problème est pour les 500 signatures, car certains n’osent pas afficher au grand jour leur conviction et ne soutiennent donc pas leur candidat, de peur d’être aussitôt mal vu par ses confrères et par les électeurs. Le problème démocratique est donc important car ce soutien est forcément publique et devrait, à mon sens être anonyme, comme l’un le vote.

Ainsi, depuis le 1 er janvier, chaque candidat officiellement déclaré se voyait octroyer un droit de parole sur le principe de l’équité.

Le principe d’équité implique que les services de télévision ou de radio allouent  aux candidats (ou aux partis politiques) et à leurs soutiens des temps de parole ou d’antenne en tenant compte de leur représentativité et de leur implication effective dans la campagne.

Ainsi, l’appréciation de la notion d’équité se fonde sur deux séries d’éléments :

  • la représentativité des candidats qui prend en compte, en particulier, les résultats du candidat ou de la formation politique aux plus récentes élections ;
  • la capacité à manifester concrètement son implication dans la campagne : organisation de réunions publiques, participation à des débats, désignation d’un mandataire financier, et plus généralement toute initiative permettant de porter à la connaissance du public les éléments du programme du candidat.

Cette notion d’équité, s’arrêtera donc le 8 avril 2012. Ainsi, si vous regardez actuellement la télévisions, seuls l’UMP, le PS, le FN, le MoDem et dans une autre mesure EELV et le Front de gauche sont à l’antenne. Les autres sont totalement inexistants. Est-ce de la démocratie ? Pour moi, loin de là. Avec l’omniprésence des médias, il est indéniable qu’aujourd’hui ils font le futur Président ou le candidat d’un parti. Derniers exemples en date : les primaires socialistes en 2011 et 2006. Je trouve encore une fois, que la Démocratie en prend un sérieux coup.

Lundi 9 avril 2012 : Début de la campagne électorale officielle. Ceci implique un changement important au niveau des temps de parole. La notion d’égalité apparaît. Le principe d’égalité constitue une spécificité de la campagne présidentielle. Il résulte directement des textes législatifs et réglementaires relatifs à l’élection du Président de la République qui prévoient une égalité entre les candidats à compter du début de la campagne officielle. Le principe d’égalité implique que les temps de parole et d’antenne des candidats et de leurs soutiens soient égaux. Nous avons enfin, une démocratie qui apparaît dans les médias. Théoriquement, ceux-ci ne peuvent plus mettre en avant l’un ou l’autre des candidats, sans donner un droit de réponse ou commentaire aux autres. Le seul souci, dans tout cela, c’est que cela n’intervient que 13 jours avant le premier tour, beaucoup trop tard pour que chacun ait pu se faire entendre par un large publique.

Vendredi 20 avril 2012 : Fin de la campagne officielle pour le premier tour en Guadeloupe, Guyane, Martinique, à Saint-Pierre et Miquelon, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, en Polynésie française et dans les ambassades et postes consulaires situés sur le continent américain (y compris Hawaï)

Samedi 21 avril 2012 : Fin de la campagne officielle pour le premier tour en France Métropolitaine et Premier tour de l’élection en Guadeloupe, Martinique, Guyane, à Saint-Pierre et Miquelon, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et en Polynésie française

Dimanche 22 avril 2012 : Premier tour de l’élection présidentielle en France Métropolitaine. A 20 heures à Paris, les estimations des premiers dépouillements peuvent être diffusés par les médias nationaux. Il est évident qu’avec le tout numérique et l’internet, il vous sera possible par des moyens simples, de connaitre avant cette heure les premières estimations. Rappelons qu’il est totalement interdit en France, de diffuser quelques informations avant cette heure sous peine de poursuites.

Samedi 5 mai 2012 : Second tour de l’élection en Guadeloupe, Martinique, Guyane, à Saint-Pierre et Miquelon, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et en Polynésie française

Dimanche 6 mai 2012 : Second tour de l’élection présidentielle. Exactement pareil que pour le premier tour et l’heure fatidique de 20 Heures à Paris. Nous connaîtrons enfin le successeur de Nicolas Sarkozy qui aimerait bien briguer un nouveau mandat.

Jeudi 17 mai 2012 : Début du mandat du 24e président de la République Française.

10 et 17 juin 2012 : Premier tour et second tour des élections législatives A ne pas oublier.

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