Et si Dominique Strauss-Kahn était devenu Président de la République Française en 2012…

Dominique Strauss-KahnIl convient d’imaginer que les dernières histoires en date comme la chambre 2806 du Sofitel de New-York au mois de mai 2011 ainsi que l’affaire de Tristane Banon de l’année 2003 n’ont pas eu lieu ou que le retentissement médiatico-judiciaire n’a pas été de cette ampleur. Ainsi, Dominique Strauss-Kahn aurait pu se présenter aux Primaires Socialistes, les remporter et ensuite être le candidat officiel du PS et probablement gagner les Elections Présidentielles de 2012.

C’est là où la vraie fiction débute puisque le reste se serait probablement passé. Il aurait donc été investi au Palais de l’Elysée sous les ors de la République et tout l’apparat qui va avec. Son bureau du premier étage aurait vu passer tous les puissants du globe, son don innée pour la finance lui aurait permis de résoudre certains problèmes structurels de la France, voir même de l’Europe et il aurait été plébiscité lors des sondages d’opinions pendant son quinquennat. Une Présidence parfaite.

Parfaite ? Dans un sens uniquement. Celui visible par l’opinion publique. Parce que dans celui vu par les huissiers du Palais de l’Elysée, il aurait été tout autre. On leur aurait demandé un secret total sur tout ce qui aurait pu se passer dans les appartements adjacents. Il en aurait été de même pour les conseillers et autres suiveurs de la première personne de l’Etat lors de voyages internationaux, ou même nationaux. Ce n’est pas parce que son voisin de l’autre côté des Alpes fait la même chose et l’assume totalement, que DSK prendrait le risque de l’assumer aux yeux de tous. Silvio Berlusconi est finit politiquement et c’est pour cela qu’aujourd’hui il s’en fou. Monsieur Strauss-Kahn, lui commencerait à peine dans son rôle de Président et ne pourrait pas prendre le risque que ce soit diffusé dans les médias. La règle du « Off » serait donc d’or parmi tous les journalistes accrédités et ces agissements seraient passés sous silence comme cela fut toujours le cas depuis des années.

Evidemment, tous ses amis politiques tels que des Martine Aubry, François Hollande, Lionel Jospin, Bertrand Delanoé et consorts continueraient à feindre l’ignorance. Parce qu’il ne faut pas croire qu’au mois de mai 2011 lors de l’arrestation de DSK, qu’ils furent surpris de quoi que ce soit. Même ce dernier avait avoué quelques semaines auparavant qu’une de ses plus grandes craintes serait de tomber dans un guet-apens.

Tout le monde cacherait donc cette obsession de DSK qu’il a pour les femmes et le sexe. Sa position de chef d’Etat ferait qu’une omerta s’imposerait à tous les témoins jusqu’au jour du dérapage. Celui-ci se passerait soit dans un pays anglo-saxon à la pudeur exagérée et au procès pour harcèlement si commun, ou bien dans un pays musulman où une femme importante aurait été la cible. L’incident diplomatique serait donc inévitable et c’est là que tout deviendrait incontrôlable.

Son immunité diplomatique obligerait l’Etat où l’incident s’est passé à laisser partit DSK pour la France. Des tensions entre cet Etat et la France seraient telles que les discussions seraient au mieux rompues et au pire des menaces militaires pourraient être lancées. Notre dissuasion nucléaire ferait le reste mais le mal serait fait et la France serait discréditée à travers le monde. Si cela se passait dans un pays arabe, les intégristes islamiques profiteraient de la situation et menaceraient la France ou passeraient à l’acte en faisant des attentats et si cela se passait dans un autre pays, il est clair que ses alliés diminueraient fortement leurs relations diplomatiques avec nous. En résumé, nous serions totalement exclus au niveau mondial et Européen.

Sur le plan intérieur, il y aurait trois solutions :

  • soit Dominique Strauss-Kahn démissionnerait, reconnaissant ses fautes et serait donc extradable par le prochain gouvernement. Ce dernier se trouverait alors dans un choix cornélien, « tuer » politiquement et humainement DSK et l’envoyer en prison à l’étranger ou refuser, et se mettre toute l’opinion publique à dos et dons se discréditer.
  • soit il démissionnerait, contraint et forcé par l’opposition et l’opinion publique qui, dans le doute n’aurait plus de confiance en lui. Là, il serait totalement fini à tous les niveaux, puisqu’innocent selon lui et coupable selon le reste du monde. Le gouvernement suivant serait dans la même position que dans le cas suivant, mais aurait moins d’hésitation à l’extrader malgré son immunité. Seules les lois diplomatiques seraient alors applicables et il serait probablement relaxé.
  • soit, enfin, il resterait au pouvoir, niant tout en bloc jusqu’à la fin. Il ne serait donc pas réélu en 2017, à moins d’avoir été destitué avant, serait mort politiquement, aurait été condamné par contumace, malgré son immunité et mettrait la France en position délicate à propos de l’extradition d’un homme condamné alors qu’il n’était pas condamnable. Le Parti Socialiste, aurait pendant ce temps implosé et le parti des Nouveaux Socialistes aurait été créé pour se détacher totalement de cette tache éternelle.

Au final, la France aurait perdu beaucoup, beaucoup plus qu’elle n’aurait pu gagner grâce au génie intellectuel de Dominique Strauss-Kahn. Il aurait fallu des années pour effacer l’affront fait à ce pays et au reste du monde. Au niveau intérieur, cela aurait été différent. Les histoires de coucherie sont monnaie courante en France depuis le temps des Rois de France. Et puis chez les Socialistes, c’est également une habitude avec François Mitterrand, à droite, Jacques Chirac ne s’est jamais caché à regarder outrageusement les belles femmes et on ne saura jamais s’il a déjà fauté. Bref, la page sera tournée rapidement et DSK sera oublié aussi rapidement qu’il avait été encensé.

Pour conclure, il vaut peut-être mieux que tout se soit passé comme ça. Nous avons peut être ainsi évité le meilleur, mais surtout le pire.

One comment on “Et si Dominique Strauss-Kahn était devenu Président de la République Française en 2012…

  1. Expat2011

    Avec des si .. on mettrait Paris en bouteille, comme chacun sait.

    Cet exercice de prospective est lamentable d’opportunisme.

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